Hydrocéphalie

Publié le 
May 26, 2026
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  1. L'hydrocéphalie est une accumulation anormale de liquide cérébro-spinal (LCS) dans les cavités du cerveau, augmentant la pression intracrânienne.
  2. Les symptômes varient avec l'âge : chez le nourrisson, surveillez l'augmentation rapide du périmètre crânien et la fontanelle bombée.
  3. Chez l'enfant plus grand, les maux de tête intenses, les vomissements et les troubles de la vision sont des signes d'alerte majeurs.
  4. Le diagnostic repose sur l'imagerie cérébrale (échographie, scanner ou IRM) qui confirme la dilatation des ventricules.
  5. Le traitement principal est chirurgical et consiste à implanter une dérivation (shunt) pour drainer l'excès de liquide, nécessitant une surveillance à vie.

Qu'est-ce que l'hydrocéphalie ? Une définition simple

L'hydrocéphalie, dont le nom vient du grec pour "eau" (húdôr) et "tête" (kephalế), est une pathologie neurologique qui peut sembler impressionnante. Il est normal de ressentir de l'inquiétude face à ce diagnostic. Notre rôle est de vous fournir une information claire et rassurante pour vous aider à mieux comprendre. Il ne s'agit pas littéralement "d'eau dans la tête", mais d'une accumulation excessive d'un liquide biologique essentiel : le liquide cérébro-spinal (LCS), aussi appelé liquide céphalo-rachidien.

Le rôle essentiel du liquide cérébro-spinal (LCS)

Le cerveau et la moelle épinière baignent dans ce liquide clair et protecteur. Le LCS a plusieurs fonctions vitales :

  • Amortisseur : Il protège le cerveau des chocs et des mouvements brusques.
  • Nutrition : Il transporte des nutriments essentiels au tissu cérébral.
  • Nettoyage : Il évacue les déchets métaboliques du système nerveux central.
  • Régulation de la pression : Il aide à maintenir une pression stable à l'intérieur du crâne.

Normalement, il existe un équilibre parfait : le LCS est produit en continu, circule dans des cavités à l'intérieur du cerveau appelées ventricules, puis est réabsorbé dans la circulation sanguine. L'hydrocéphalie survient lorsque cet équilibre est rompu.

Les mécanismes de l'hydrocéphalie

L'accumulation de LCS peut être due à trois problèmes principaux :

  1. Une obstruction : C'est la cause la plus fréquente. Un blocage sur le trajet de circulation du LCS (par exemple, à cause d'une malformation ou d'une tumeur) empêche le liquide de s'écouler normalement. On parle alors d'hydrocéphalie non-communicante ou obstructive.
  2. Un défaut de résorption : Le liquide circule bien, mais il n'est pas correctement réabsorbé dans le sang (par exemple, suite à une méningite ou une hémorragie qui a endommagé les sites de résorption). On parle d'hydrocéphalie communicante.
  3. Une surproduction de LCS : C'est une cause beaucoup plus rare, généralement liée à certaines tumeurs.

Cette accumulation de liquide augmente le volume des ventricules cérébraux et exerce une pression dangereuse sur les tissus du cerveau. C'est cette pression qui est à l'origine des symptômes.

Quelles sont les causes et les facteurs de risque ?

On distingue deux grandes catégories d'hydrocéphalie en fonction de leur moment d'apparition.

L'hydrocéphalie congénitale

Elle est présente dès la naissance, même si elle n'est pas toujours diagnostiquée immédiatement. Les causes peuvent être :

  • La sténose de l'aqueduc de Sylvius : Un rétrécissement d'un canal étroit entre deux ventricules, qui est la cause la plus courante d'hydrocéphalie obstructive chez le fœtus et le nourrisson.
  • Les malformations du système nerveux central : Comme la malformation de Chiari ou le spina bifida (myéloméningocèle), qui peuvent perturber la circulation du LCS.
  • Les infections contractées durant la grossesse : La toxoplasmose, la rubéole ou le cytomégalovirus (CMV) peuvent provoquer une inflammation et des cicatrices qui bloquent l'écoulement du LCS.
  • Les hémorragies intraventriculaires : Fréquentes chez les grands prématurés, ces saignements dans les ventricules peuvent entraîner une hydrocéphalie.
  • Des causes génétiques rares.

L'hydrocéphalie acquise

Elle se développe après la naissance, à tout âge, suite à une maladie ou un traumatisme. Les causes incluent :

  • Les infections du système nerveux central : Une méningite ou une encéphalite peut laisser des séquelles inflammatoires qui gênent l'absorption du LCS.
  • Les traumatismes crâniens : Un choc violent peut provoquer une hémorragie ou une inflammation qui perturbe l'équilibre du LCS.
  • Les tumeurs cérébrales : En grandissant, une tumeur peut comprimer les voies de circulation du LCS et créer une obstruction.
  • Les hémorragies cérébrales : Un accident vasculaire cérébral (AVC) ou la rupture d'un anévrisme peuvent causer un saignement qui interfère avec la circulation ou la résorption du LCS.

Quels sont les symptômes à surveiller ?

Les signes de l'hydrocéphalie varient considérablement en fonction de l'âge de l'enfant, car la structure du crâne évolue. Il est crucial de connaître ces symptômes pour pouvoir réagir rapidement.

Chez le nourrisson (avant 2 ans)

Chez les bébés, les os du crâne ne sont pas encore soudés, ce qui permet à la tête de se déformer pour accommoder la pression. Les signes les plus caractéristiques sont :

  • Une augmentation anormalement rapide du périmètre crânien : C'est le signe le plus important. Le suivi régulier de la courbe de croissance du périmètre crânien par votre médecin est fondamental.
  • Une fontanelle antérieure (le point mou sur le dessus de la tête) bombée et tendue, même lorsque le bébé est calme et en position assise.
  • Des veines du cuir chevelu très visibles et dilatées.
  • Un regard dit "en coucher de soleil" : les yeux sont déviés en permanence vers le bas, laissant apparaître le blanc de l'œil au-dessus de l'iris.
  • Des vomissements en jet, sans lien apparent avec les repas.
  • Une irritabilité, des pleurs inconsolables ou au contraire une somnolence excessive, une léthargie.
  • Des difficultés à s'alimenter.

Chez l'enfant plus grand et l'adolescent

Après l'âge de 2 ans, les os du crâne sont soudés. La boîte crânienne ne peut plus s'étendre. La pression s'exerce donc directement sur le cerveau, provoquant les symptômes de l'hypertension intracrânienne :

  • Des maux de tête intenses, souvent plus marqués le matin au réveil ou après une sieste, et qui peuvent réveiller l'enfant la nuit.
  • Des nausées et des vomissements, particulièrement le matin.
  • Des troubles de la vision : vision floue, vision double (diplopie), difficulté à regarder vers le haut.
  • Des troubles de l'équilibre et de la marche : l'enfant peut sembler maladroit, trébucher souvent.
  • Une fatigue anormale, une léthargie, une baisse de l'énergie.
  • Des changements de comportement ou de personnalité : irritabilité, apathie.
  • Une baisse inexpliquée des résultats scolaires.
  • Plus tardivement, une incontinence urinaire peut apparaître.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Si des symptômes évocateurs sont présents, une consultation médicale est indispensable. Le diagnostic de l'hydrocéphalie se fait en plusieurs étapes, sous la supervision d'un pédiatre puis d'un spécialiste en neurologie ou neurochirurgie pédiatrique.

  1. L'examen clinique : Le médecin mesure le périmètre crânien et le reporte sur la courbe de croissance, palpe la fontanelle chez le nourrisson, et réalise un examen neurologique complet pour rechercher des anomalies des réflexes, du tonus, de la motricité ou des mouvements oculaires.
  2. L'imagerie cérébrale : C'est l'étape clé pour confirmer le diagnostic. Plusieurs examens peuvent être utilisés :
    • L'échographie transfontanellaire (ETF) : Chez le nourrisson, tant que la fontanelle est ouverte, cet examen simple, rapide et non irradiant permet de visualiser les ventricules et de confirmer leur dilatation.
    • Le scanner cérébral (TDM ou tomodensitométrie) : Plus rapide que l'IRM, il est souvent utilisé en urgence. Il donne des images claires des ventricules et peut aider à identifier la cause (hémorragie, tumeur).
    • L'Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) : C'est l'examen de référence. Il offre des images très détaillées du cerveau, des ventricules et des flux de LCS, permettant de déterminer précisément le type d'hydrocéphalie et sa cause.

Quels sont les traitements de l'hydrocéphalie ?

L'hydrocéphalie ne se guérit pas avec de simples médicaments. Le traitement est presque toujours chirurgical et vise à rétablir une circulation normale du LCS pour soulager la pression sur le cerveau. La prise en charge est assurée par un neurochirurgien pédiatrique.

La dérivation ventriculaire

C'est le traitement le plus courant. L'opération consiste à implanter un système de drainage appelé "dérivation" (ou "shunt" en anglais). Ce système est composé de trois parties :

  • Un cathéter ventriculaire : un tube très fin est inséré dans l'un des ventricules dilatés du cerveau.
  • Une valve : un petit boîtier placé sous la peau (souvent derrière l'oreille) qui régule le débit du LCS. Il s'ouvre uniquement lorsque la pression atteint un certain seuil, empêchant un drainage excessif.
  • Un cathéter distal : un second tube, également placé sous la peau, qui achemine le LCS du cerveau vers une autre cavité du corps où il sera facilement absorbé. Le plus souvent, il s'agit de la cavité péritonéale dans l'abdomen (on parle de dérivation ventriculo-péritonéale).

Ce système est entièrement interne et n'est pas visible, hormis une légère bosse au niveau de la valve. Il nécessite une surveillance à vie, car il peut se boucher, se déconnecter ou s'infecter, nécessitant alors une nouvelle intervention chirurgicale.

La ventriculo-cisternostomie endoscopique (VCE)

Cette technique est une alternative à la dérivation, mais uniquement pour certains types d'hydrocéphalies obstructives. Le chirurgien utilise un endoscope (une petite caméra) pour créer une petite ouverture dans la paroi d'un ventricule. Cette nouvelle voie permet au LCS de contourner le blocage et de rejoindre les espaces de résorption. L'avantage majeur est qu'aucun matériel étranger n'est implanté dans le corps, ce qui élimine les risques de dysfonctionnement de la dérivation. Le neurochirurgien déterminera quelle option est la plus adaptée à la situation de votre enfant.

Évolution, pronostic et recommandations

Grâce aux traitements modernes, le pronostic de l'hydrocéphalie s'est considérablement amélioré. Un enfant traité rapidement peut souvent mener une vie normale ou quasi-normale. Cependant, l'évolution dépend beaucoup de la cause sous-jacente de l'hydrocéphalie. La prise en charge est pluridisciplinaire et suit les recommandations de bonne pratique, comme celles édictées par la Haute Autorité de Santé (HAS).

Un suivi régulier avec le neurochirurgien, le neurologue et le pédiatre est indispensable pour surveiller le bon fonctionnement de la dérivation et le développement de l'enfant. Selon les besoins, une prise en charge complémentaire (kinésithérapie, psychomotricité, orthophonie, suivi psychologique) peut être mise en place pour l'aider à atteindre son plein potentiel.

Quand consulter en urgence ?

Il est vital de savoir reconnaître les signes qui nécessitent une consultation aux urgences sans délai. Que l'enfant ait une dérivation ou non, les symptômes d'une pression intracrânienne élevée sont une urgence absolue.

Appelez immédiatement le 15 ou le 112 si votre enfant présente :

  • Des maux de tête soudains, violents et inhabituels.
  • Des vomissements importants et répétés.
  • Une somnolence extrême, des difficultés à se réveiller.
  • Une confusion, des troubles de la conscience.
  • L'apparition de convulsions (crise d'épilepsie).
  • Des troubles visuels soudains.

Si votre enfant est porteur d'une dérivation, soyez également vigilant aux signes de dysfonctionnement ou d'infection :

  • La réapparition des symptômes qui existaient avant l'opération.
  • Une fièvre inexpliquée.
  • Une rougeur, une douleur ou un gonflement le long du trajet de la dérivation (cou, poitrine, abdomen).

Dans ces cas, une visite aux urgences pédiatriques s'impose pour évaluer la situation.


Cet article a pour but de vous informer et ne remplace en aucun cas un avis médical. Chaque situation est unique. Pour toute question concernant la santé de votre enfant, l'équipe médicale de Biloba est à votre disposition pour une téléconsultation. En cas de symptômes graves ou d'urgence vitale, composez le 15 ou le 112.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur l'hydrocéphalie

L'hydrocéphalie est-elle toujours visible à la naissance ?

Non, pas toujours. L'hydrocéphalie peut être congénitale (présente à la naissance et parfois détectée lors des échographies prénatales) ou acquise. Une hydrocéphalie acquise peut survenir à tout moment de la vie, suite à une infection (méningite), un traumatisme crânien ou une tumeur cérébrale.

Une dérivation (shunt) est-elle posée à vie ?

Oui, dans la très grande majorité des cas, la dérivation est un dispositif permanent. Le corps ne retrouve généralement pas sa capacité à drainer le liquide seul. Ce système peut nécessiter des interventions de révision au cours de la vie, notamment en cas de blocage, d'infection, ou pour l'adapter à la croissance de l'enfant.

Mon enfant pourra-t-il faire du sport avec une dérivation ?

Oui, la plupart des activités physiques et sportives sont possibles et même encouragées pour un bon développement. Cependant, les sports de contact avec un risque élevé de chocs à la tête ou sur le trajet de la valve (comme le rugby, la boxe, les arts martiaux de combat) sont souvent contre-indiqués. Il est impératif de toujours discuter des activités sportives envisagées avec le neurochirurgien de votre enfant.

L'hydrocéphalie affecte-t-elle l'intelligence ?

Pas nécessairement. Le pronostic intellectuel dépend avant tout de la cause de l'hydrocéphalie, de la présence d'éventuelles lésions cérébrales associées et de la rapidité du diagnostic et du traitement. Un traitement précoce permet de limiter les dommages liés à la pression sur le cerveau. Si certains enfants peuvent présenter des difficultés d'apprentissage nécessitant un soutien adapté, beaucoup ont un développement cognitif et une intelligence tout à fait normaux.

Comment surveiller la dérivation de mon enfant à la maison ?

L'équipe de neurochirurgie vous formera à reconnaître les signes d'alerte. La surveillance consiste principalement à être attentif à la réapparition des symptômes de l'hydrocéphalie (maux de tête, vomissements, somnolence, irritabilité) ou à l'apparition de signes d'infection (fièvre, rougeur, douleur ou gonflement sur le trajet du cathéter sous la peau). Au moindre doute, un avis médical rapide est nécessaire.

Dr. Dominique HOLCMAN
Médecin généraliste
Médecin généraliste depuis plus de 30 ans, le Dr. Holcman est partenaire et rédacteur chez Biloba. Engagé dans des actions humanitaires, il met son expertise au service de tous, avec une attention particulière portée à l'écoute, à la prévention et à l'accès aux soins.
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