angiographie

Publié le 
May 26, 2026
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  1. L'angiographie est un examen radiologique précis des vaisseaux sanguins, réalisé en introduisant un petit tube (cathéter) dans une artère.
  2. Elle sert à diagnostiquer des anomalies comme des rétrécissements ou des anévrismes, et peut aussi permettre de les traiter durant la même intervention (angioplastie, pose de stent).
  3. L'examen nécessite une anesthésie locale au point de ponction (aine ou poignet) et l'injection d'un produit de contraste à base d'iode.
  4. Une préparation est nécessaire (être à jeun, prise de sang) et une période de surveillance de plusieurs heures après l'examen est indispensable.
  5. Bien que les complications soient rares, il est crucial de surveiller le point de ponction et de contacter un médecin en cas de saignement, douleur intense ou fièvre après l'examen.

Qu'est-ce qu'une angiographie ?

L'angiographie est un examen d'imagerie médicale qui permet de visualiser avec une grande précision l'intérieur de vos vaisseaux sanguins (artères et veines) ainsi que les cavités du cœur. Imaginez-la comme une cartographie détaillée de votre système circulatoire. Pour obtenir ces images, les médecins utilisent des rayons X et injectent un produit de contraste spécial, généralement à base d'iode, qui rend les vaisseaux opaques et donc visibles sur les clichés radiologiques.

Cet examen est considéré comme "invasif" ou "interventionnel" car il nécessite l'introduction d'un fin tuyau flexible, appelé cathéter, directement dans un vaisseau sanguin, le plus souvent une artère. Ce cathéter est ensuite guidé sous contrôle radiologique jusqu'à la zone que l'on souhaite étudier.

Il ne faut pas la confondre avec d'autres techniques d'imagerie des vaisseaux comme l'angioscanner ou l'angio-IRM. Bien que ces dernières soient moins invasives, l'angiographie reste l'examen de référence pour obtenir les images les plus fines et détaillées. Son grand avantage est aussi de permettre, dans le même temps, de réaliser un traitement : on parle alors d'angiographie interventionnelle.

Pourquoi et quand réaliser une angiographie ?

Le médecin peut vous proposer une angiographie pour plusieurs raisons, que ce soit pour poser un diagnostic précis ou pour effectuer un traitement. L'objectif est toujours d'obtenir des informations que les autres examens d'imagerie (échographie-doppler, scanner, IRM) n'ont pas pu fournir de manière suffisante.

Les indications diagnostiques

L'angiographie est particulièrement utile pour rechercher et évaluer des anomalies des vaisseaux sanguins, telles que :

  • Des rétrécissements (sténoses) ou des obstructions (occlusions) : Le plus souvent causés par des plaques d'athérosclérose, ces blocages peuvent réduire le flux sanguin vers des organes vitaux. L'exemple le plus connu est la coronarographie, qui étudie les artères du cœur (artères coronaires) pour diagnostiquer une maladie coronarienne pouvant causer un angor (angine de poitrine) ou un infarctus du myocarde.
  • Des dilatations anormales (anévrismes) : L'examen permet de localiser précisément un anévrisme, d'en mesurer la taille et d'évaluer le risque de rupture, notamment au niveau du cerveau ou de l'aorte.
  • Des malformations vasculaires : Il peut s'agir de communications anormale entre artères et veines (malformations artério-veineuses) ou d'autres anomalies congénitales.
  • Une hémorragie : En cas de saignement interne, l'angiographie peut aider à localiser précisément son origine pour mieux le traiter.
  • L'étude de la vascularisation d'une tumeur : Avant une chirurgie, elle permet de cartographier les vaisseaux qui nourrissent une tumeur.

Les indications thérapeutiques (angiographie interventionnelle)

L'un des atouts majeurs de l'angiographie est sa capacité à traiter directement l'anomalie détectée au cours du même examen. Le cathéter sert alors de voie d'accès pour introduire de minuscules instruments.

  • L'angioplastie : Elle consiste à dilater une artère rétrécie à l'aide d'un petit ballonnet gonflable. Souvent, un stent (un petit ressort métallique) est mis en place pour maintenir l'artère bien ouverte.
  • L'embolisation : Cette technique vise à boucher un vaisseau sanguin, par exemple pour traiter un anévrisme, stopper une hémorragie ou priver une tumeur de son apport sanguin.
  • La thrombectomie : En cas d'accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique récent, il est parfois possible de retirer le caillot qui bouche une artère du cerveau.

Et chez l'enfant ?

Bien que moins fréquente que chez l'adulte, l'angiographie est un examen précieux en pédiatrie. Elle est le plus souvent réalisée dans des centres hautement spécialisés pour explorer des malformations cardiaques congénitales complexes, des anomalies des gros vaisseaux (aorte, artère pulmonaire) ou des malformations vasculaires rares. L'examen se déroule quasi systématiquement sous anesthésie générale pour garantir l'immobilité et le confort de l'enfant.

Comment se déroule l'examen ?

Savoir à quoi s'attendre permet souvent de se sentir plus serein. Une angiographie suit un protocole bien établi, de la préparation jusqu'au retour à la maison.

Avant l'examen

Une consultation avec le médecin radiologue interventionnel et/ou un anesthésiste est programmée quelques jours avant. C'est le moment de poser toutes vos questions. On vous demandera de réaliser une prise de sang pour vérifier le bon fonctionnement de vos reins (essentiel pour éliminer le produit de contraste) et votre coagulation sanguine. Il est crucial de signaler toute allergie connue, notamment à l'iode, ainsi que tous les médicaments que vous prenez (particulièrement les anticoagulants ou les traitements pour le diabète, qui pourraient nécessiter un ajustement). On vous demandera de rester à jeun (ne pas manger, ni boire, ni fumer) pendant les 4 à 6 heures précédant l'examen.

Le jour J : l'intervention

L'angiographie se déroule dans une salle de radiologie spéciale, qui ressemble à un bloc opératoire. Vous serez allongé sur une table d'examen mobile.

  1. Préparation : L'équipe soignante vous installera des électrodes pour surveiller votre rythme cardiaque et un brassard pour votre tension. La zone de ponction (le plus souvent le pli de l'aine pour l'artère fémorale, ou le poignet pour l'artère radiale) est soigneusement désinfectée.
  2. Anesthésie : Une anesthésie locale est réalisée au point de ponction. Vous ne sentirez donc pas la piqûre. Pour les enfants ou les procédures longues et complexes, une anesthésie générale peut être nécessaire.
  3. Introduction du cathéter : Le médecin introduit le fin cathéter dans l'artère. Vous ne sentirez pas sa progression dans vos vaisseaux, car leur paroi interne est insensible.
  4. Navigation et injection : Guidé par les images radioscopiques (rayons X en direct), le médecin déplace le cathéter jusqu'à la zone à explorer. Il injecte alors le produit de contraste. À ce moment, il est fréquent de ressentir une sensation de chaleur intense mais brève qui se propage dans le corps. C'est une réaction normale et sans danger. On vous demandera de ne pas bouger et parfois de bloquer votre respiration quelques secondes.
  5. Prise des clichés : Une série d'images radiologiques est réalisée pour visualiser le passage du produit dans les vaisseaux.
  6. Fin de l'examen : Une fois les images obtenues (et le traitement réalisé si nécessaire), le médecin retire le cathéter.

La durée totale varie de 30 minutes à plus de 2 heures selon la complexité de l'acte.

Après l'examen

La surveillance est une étape clé. Le point de ponction doit être comprimé pendant plusieurs minutes pour éviter la formation d'un hématome. Un pansement compressif est ensuite mis en place. Vous devrez rester allongé sans plier la jambe (si la ponction est fémorale) pendant plusieurs heures. L'équipe médicale surveillera régulièrement votre pouls, votre tension et l'état du pansement. Il est important de bien boire pour aider vos reins à éliminer le produit de contraste. Le retour à domicile se fait généralement le jour même ou le lendemain.

Quels sont les risques et les complications possibles ?

Comme toute procédure invasive, l'angiographie comporte des risques, mais ils sont globalement rares et maîtrisés par les équipes médicales expérimentées. Le rapport bénéfice/risque est toujours soigneusement évalué avant de vous proposer cet examen.

Les risques liés au point de ponction

La complication la plus fréquente est l'apparition d'un hématome (un "bleu") au niveau du point d'entrée du cathéter. Il est généralement sans gravité et se résorbe seul en quelques jours. Plus rarement, un saignement plus important peut survenir, nécessitant une compression prolongée ou une intervention.

Les risques liés au produit de contraste

  • Réaction allergique : Elle est rare et le plus souvent bénigne (urticaire, démangeaisons). Les réactions graves (choc anaphylactique) sont exceptionnelles et l'équipe est formée pour y faire face immédiatement. La recherche d'antécédents allergiques avant l'examen est systématique.
  • Insuffisance rénale : Le produit de contraste peut être toxique pour les reins, surtout s'ils sont déjà fragilisés. C'est pourquoi leur fonction est vérifiée par une prise de sang avant l'examen et une bonne hydratation est cruciale après.

Les autres risques

Ils sont très rares et incluent des lésions de la paroi de l'artère, la formation d'un caillot sanguin ou des complications neurologiques (AVC) ou cardiaques lors des angiographies cérébrales ou coronaires. L'exposition aux rayons X est contrôlée et maintenue au niveau le plus bas possible, conformément aux recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS). La HAS insiste sur le fait que le choix d'une angiographie doit toujours reposer sur une analyse rigoureuse des bénéfices attendus par rapport aux risques encourus, surtout lorsque des alternatives non invasives existent.

Quand faut-il s'inquiéter après une angiographie ?

De retour à la maison, vous devez rester vigilant pendant 24 à 48 heures. Il est recommandé d'éviter les efforts physiques intenses.

Contactez sans tarder le service où l'examen a été réalisé ou composez le 15 ou le 112 si vous présentez l'un des symptômes suivants :

  • Un saignement actif au point de ponction.
  • L'apparition d'un hématome volumineux, dur et douloureux.
  • Une douleur, un refroidissement, une pâleur ou une perte de sensibilité dans le membre qui a été ponctionné.
  • De la fièvre ou des frissons inexpliqués.
  • Un essoufflement soudain, une douleur dans la poitrine ou un malaise.
  • Des signes neurologiques : difficultés à parler, faiblesse d'un côté du corps, troubles de la vision.

Cet article ne remplace en aucun cas un avis médical. Il est conçu pour votre information. Si vous avez des questions sur votre santé ou celle de votre enfant, les médecins et pédiatres de l'équipe Biloba sont à votre disposition pour une téléconsultation.

Questions fréquentes

L'angiographie est-elle un examen douloureux ?

L'examen en lui-même n'est pas douloureux. L'anesthésie locale rend la piqûre au point de ponction quasi indolore. Vous ne sentirez pas le cathéter se déplacer dans vos vaisseaux. La seule sensation notable est une bouffée de chaleur intense mais très courte lors de l'injection du produit de contraste. Une gêne ou une douleur au niveau du point de ponction peut persister quelques jours, semblable à celle d'une prise de sang.

Combien de temps dois-je rester à l'hôpital ?

La durée d'hospitalisation dépend du type d'angiographie (diagnostique ou thérapeutique) et du site de ponction. Pour une angiographie diagnostique simple avec ponction au poignet (radiale), une surveillance de quelques heures suffit souvent (procédure en ambulatoire). Pour une ponction au pli de l'aine (fémorale) ou une procédure thérapeutique, une hospitalisation de 24 heures est fréquente pour assurer une surveillance optimale.

Pourquoi faut-il être à jeun avant l'examen ?

Le jeûne est une mesure de précaution. L'injection du produit de contraste peut parfois provoquer des nausées ou des vomissements. Être à jeun évite le risque que des aliments passent dans les voies respiratoires en cas de vomissement (inhalation), ce qui pourrait être dangereux, notamment si une sédation ou une anesthésie est nécessaire.

Quelle est la différence entre une angiographie et un angioscanner ?

L'angioscanner est un examen non invasif qui utilise un scanner et une injection de produit de contraste dans une veine du bras pour visualiser les vaisseaux. Il est plus rapide et moins risqué. L'angiographie est invasive car elle nécessite d'introduire un cathéter directement dans une artère. Elle offre cependant des images de meilleure résolution et, surtout, elle permet de réaliser un traitement (comme la pose d'un stent) dans la même procédure, ce que le scanner ne peut pas faire.

L'exposition aux rayons X est-elle dangereuse ?

Toute exposition aux rayons X comporte un risque théorique, mais les doses utilisées en imagerie médicale sont faibles et contrôlées. Les équipes médicales appliquent le principe ALARA ("As Low As Reasonably Achievable"), qui consiste à utiliser la plus faible dose de radiation possible pour obtenir des images de qualité. Le bénéfice attendu de l'examen (poser un diagnostic vital ou réaliser un traitement) est jugé très largement supérieur au risque lié à l'irradiation.

Questions fréquentes

L'angiographie est-elle un examen douloureux ?

L'examen en lui-même n'est pas douloureux. L'anesthésie locale rend la piqûre au point de ponction quasi indolore. Vous ne sentirez pas le cathéter se déplacer dans vos vaisseaux. La seule sensation notable est une bouffée de chaleur intense mais très courte lors de l'injection du produit de contraste. Une gêne ou une douleur au niveau du point de ponction peut persister quelques jours, semblable à celle d'une prise de sang.

Combien de temps dois-je rester à l'hôpital ?

La durée d'hospitalisation dépend du type d'angiographie (diagnostique ou thérapeutique) et du site de ponction. Pour une angiographie diagnostique simple avec ponction au poignet (radiale), une surveillance de quelques heures suffit souvent (procédure en ambulatoire). Pour une ponction au pli de l'aine (fémorale) ou une procédure thérapeutique, une hospitalisation de 24 heures est fréquente pour assurer une surveillance optimale.

Pourquoi faut-il être à jeun avant l'examen ?

Le jeûne est une mesure de précaution. L'injection du produit de contraste peut parfois provoquer des nausées ou des vomissements. Être à jeun évite le risque que des aliments passent dans les voies respiratoires en cas de vomissement (inhalation), ce qui pourrait être dangereux, notamment si une sédation ou une anesthésie est nécessaire.

Quelle est la différence entre une angiographie et un angioscanner ?

L'angioscanner est un examen non invasif qui utilise un scanner et une injection de produit de contraste dans une veine du bras pour visualiser les vaisseaux. Il est plus rapide et moins risqué. L'angiographie est invasive car elle nécessite d'introduire un cathéter directement dans une artère. Elle offre cependant des images de meilleure résolution et, surtout, elle permet de réaliser un traitement (comme la pose d'un stent) dans la même procédure, ce que le scanner ne peut pas faire.

L'exposition aux rayons X est-elle dangereuse ?

Toute exposition aux rayons X comporte un risque théorique, mais les doses utilisées en imagerie médicale sont faibles et contrôlées. Les équipes médicales appliquent le principe ALARA ("As Low As Reasonably Achievable"), qui consiste à utiliser la plus faible dose de radiation possible pour obtenir des images de qualité. Le bénéfice attendu de l'examen (poser un diagnostic vital ou réaliser un traitement) est jugé très largement supérieur au risque lié à l'irradiation.

Dr. Dominique HOLCMAN
Médecin généraliste
Médecin généraliste depuis plus de 30 ans, le Dr. Holcman est partenaire et rédacteur chez Biloba. Engagé dans des actions humanitaires, il met son expertise au service de tous, avec une attention particulière portée à l'écoute, à la prévention et à l'accès aux soins.
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