polypose

Publié le 
May 26, 2026
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  1. La "polypose" désigne la présence de multiples polypes, des excroissances de tissu le plus souvent bénignes.
  2. Les deux principaux types sont la polypose naso-sinusienne (maladie inflammatoire chronique) et la polypose colorectale (avec un risque de transformation en cancer pour certains polypes).
  3. Les symptômes varient grandement : nez bouché et perte d'odorat pour la forme nasale ; souvent aucun symptôme ou du sang dans les selles pour la forme colorectale.
  4. Certaines polyposes, comme la Polypose Adénomateuse Familiale (PAF), sont génétiques et nécessitent un dépistage précoce chez les enfants des familles concernées.
  5. La prise en charge dépend du type : traitements médicaux et chirurgie ORL pour la polypose nasale, retrait des polypes par coloscopie et parfois chirurgie préventive pour la polypose colorectale.

Qu'est-ce que la polypose ? Une définition simple

Le terme "polypose" peut sembler impressionnant, mais il désigne simplement la présence de multiples polypes dans un organe. Mais alors, qu'est-ce qu'un polype ? Il s'agit d'une petite excroissance de tissu qui se développe sur une muqueuse, la paroi interne qui tapisse de nombreux organes creux de notre corps (comme le nez, les intestins, l'estomac, etc.). Imaginez une petite formation en forme de champignon ou de dôme qui pousse sur cette paroi.

Il est essentiel de comprendre que le mot "polype" n'est pas synonyme de "cancer". La grande majorité des polypes sont bénins, c'est-à-dire non cancéreux. Cependant, certains types de polypes, notamment dans le côlon, peuvent évoluer et se transformer en cancer sur plusieurs années. C'est pourquoi leur détection et leur surveillance sont importantes.

La polypose n'est donc pas une maladie unique, mais un terme générique qui recouvre plusieurs affections distinctes selon l'organe touché et la nature des polypes. Les deux formes les plus courantes et les plus importantes à connaître sont la polypose naso-sinusienne et la polypose digestive (ou colorectale).

Les principaux types de polypose

Selon leur localisation et leurs caractéristiques, les polyposes ont des causes, des symptômes et des prises en charge très différents. Voici les plus fréquentes.

La polypose naso-sinusienne (PNS)

C'est une maladie inflammatoire chronique des sinus et des fosses nasales. Dans ce cas, les polypes sont des excroissances molles, blanchâtres ou jaunâtres, qui se développent sur la muqueuse du nez et des sinus. Ils sont le résultat d'une inflammation persistante et ne sont jamais cancéreux. La PNS peut toucher les adultes comme les enfants et est souvent associée à d'autres pathologies :

  • L'asthme : une proportion importante de patients atteints de PNS sévère souffre également d'asthme.
  • Les allergies : bien que la PNS ne soit pas une maladie allergique à proprement parler, un terrain allergique peut favoriser l'inflammation.
  • La mucoviscidose : chez l'enfant, la découverte d'une polypose nasale doit systématiquement faire rechercher cette maladie génétique.
  • L'intolérance à l'aspirine et aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : C'est le cas dans la maladie de Widal, qui associe asthme, polypose et intolérance à ces médicaments.

La polypose digestive (colorectale)

Cette forme de polypose se caractérise par la présence de multiples polypes sur la paroi interne du côlon et/ou du rectum. C'est une situation qui demande une attention particulière car certains polypes, dits "adénomateux", sont considérés comme des lésions précancéreuses. Ils peuvent, avec le temps, évoluer vers un cancer colorectal. On distingue principalement :

  • Les polyposes sporadiques : les polypes apparaissent sans contexte familial ou génétique identifié.
  • Les polyposes héréditaires : elles sont dues à une anomalie génétique transmise au sein d'une famille. La plus connue est la Polypose Adénomateuse Familiale (PAF). Il s'agit d'une maladie génétique rare mais grave, qui provoque l'apparition de centaines, voire de milliers de polypes dans le côlon dès l'adolescence. Sans une prise en charge adaptée, le risque de développer un cancer colorectal avant 40 ans est proche de 100%. Le dépistage chez les membres de la famille est donc fondamental.

Autres localisations

Plus rarement, des polyposes peuvent se développer dans d'autres organes comme l'estomac (polypose gastrique) ou l'utérus (polypose endométriale), chacune avec ses propres caractéristiques et implications.

Causes et facteurs de risque : pourquoi développe-t-on une polypose ?

Les mécanismes à l'origine des polyposes varient considérablement selon leur type.

Pour la polypose naso-sinusienne

La cause exacte reste mal comprise, mais il s'agit d'un dérèglement du système immunitaire au niveau de la muqueuse nasale. Une inflammation chronique, dite de "type 2", s'installe et favorise la croissance des polypes. Les facteurs de risque bien identifiés sont l'asthme, un terrain allergique, et certaines prédispositions génétiques. Chez l'enfant, la mucoviscidose est une cause à rechercher impérativement.

Pour la polypose colorectale

Les facteurs de risque sont de deux ordres :

  • Facteurs génétiques : C'est le facteur principal dans les polyposes familiales comme la PAF. Une mutation sur un gène spécifique (le gène APC pour la PAF) est responsable de la maladie. Si un parent est porteur de la mutation, ses enfants ont un risque sur deux de l'hériter.
  • Facteurs environnementaux et liés au mode de vie : Pour les polypes qui apparaissent de manière isolée (sporadique), certains facteurs peuvent augmenter le risque, comme une alimentation pauvre en fibres et riche en viandes rouges et en graisses saturées, le surpoids, le manque d'activité physique, le tabagisme et la consommation d'alcool. Ces facteurs sont plus pertinents chez l'adulte mais sensibiliser les familles à une bonne hygiène de vie dès le plus jeune âge est important.

Quels sont les symptômes qui doivent vous alerter ?

Les signes d'une polypose sont très différents en fonction de l'organe touché.

Symptômes de la polypose naso-sinusienne

Les symptômes sont souvent persistants et peuvent fortement altérer la qualité de vie. Si votre enfant ou vous-même présentez ces signes de façon chronique, une consultation est nécessaire :

  • Nez bouché (obstruction nasale) : C'est le symptôme le plus fréquent et le plus gênant, présent des deux côtés.
  • Perte ou diminution de l'odorat (anosmie ou hyposmie) : C'est un signe très évocateur de la PNS.
  • Écoulement nasal (rhinorrhée) : Le nez coule en permanence, vers l'avant ou dans l'arrière-gorge.
  • Douleurs ou pression au niveau du visage et du front.
  • Troubles du sommeil, ronflements.

Symptômes de la polypose colorectale

Le principal danger de cette forme de polypose est qu'elle reste très longtemps silencieuse et asymptomatique. Les polypes se développent sans provoquer de signes particuliers. Lorsque des symptômes apparaissent, la maladie est souvent déjà à un stade avancé. C'est pourquoi le dépistage est si crucial. Les signes qui doivent impérativement vous amener à consulter sont :

  • Présence de sang rouge dans les selles (rectorragies).
  • Douleurs abdominales inhabituelles et persistantes.
  • Modification récente et durable du transit intestinal (diarrhée, constipation, ou alternance des deux).
  • Une anémie par carence en fer inexpliquée (détectée sur une prise de sang), qui peut être due à des saignements invisibles à l'œil nu.

Chez un enfant ou un adolescent, ces symptômes sont rares mais doivent être pris très au sérieux, surtout s'il existe des antécédents familiaux de polypes ou de cancer du côlon.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Le diagnostic repose sur des examens spécifiques à la localisation de la polypose.

Diagnostic de la polypose naso-sinusienne

Le diagnostic est posé par un médecin ORL (Oto-Rhino-Laryngologiste). Il s'appuie sur :

  1. L'interrogatoire : pour préciser les symptômes et leur impact.
  2. L'endoscopie nasale (ou nasofibroscopie) : C'est l'examen clé. Le médecin introduit une petite caméra souple dans les fosses nasales pour visualiser directement les polypes. C'est un examen rapide, peu douloureux, réalisable en consultation.
  3. Le scanner des sinus : Il permet de confirmer l'étendue de la maladie, de voir l'atteinte des différents sinus et de préparer une éventuelle chirurgie.

Diagnostic de la polypose colorectale

Le diagnostic est réalisé par un gastro-entérologue.

  1. La coloscopie : C'est l'examen de référence. Il consiste à introduire un tube souple équipé d'une caméra (un coloscope) par l'anus pour explorer la totalité du côlon. Cet examen permet non seulement de voir les polypes, mais aussi de les retirer immédiatement (polypectomie) pour les analyser. Il se déroule sous anesthésie générale ou sédation.
  2. Les tests génétiques : En cas de suspicion de polypose héréditaire (nombreux polypes, âge jeune, antécédents familiaux), une consultation d'oncogénétique est proposée. Une simple prise de sang permet de rechercher la mutation génétique responsable. Si elle est identifiée, un dépistage ciblé peut être proposé aux membres de la famille (parents, frères, sœurs, enfants).

Quels sont les traitements disponibles ?

La prise en charge est totalement différente pour les polyposes nasales et digestives. Elle s'appuie sur les recommandations des sociétés savantes et de la Haute Autorité de Santé (HAS).

Traitement de la polypose naso-sinusienne

L'objectif est de réduire la taille des polypes, de contrôler les symptômes et d'améliorer la qualité de vie. Comme il s'agit d'une maladie chronique, le traitement est souvent au long cours.

  • Les corticoïdes locaux : Ce sont des sprays nasaux à base de cortisone. C'est le traitement de première intention, à utiliser quotidiennement sur de longues périodes pour contrôler l'inflammation. Les lavages de nez au sérum physiologique sont un complément indispensable.
  • Les cures courtes de corticoïdes par voie orale : En cas de symptômes très importants, le médecin peut prescrire de la cortisone en comprimés sur une courte durée pour "dégonfler" rapidement les polypes et restaurer l'odorat.
  • La chirurgie (ethmoïdectomie) : Elle est proposée en cas d'échec du traitement médical. Le chirurgien ORL retire les polypes et ouvre les sinus pour améliorer la ventilation et l'efficacité des traitements locaux. Ce n'est pas un traitement curatif, les polypes peuvent récidiver.
  • Les biothérapies : Pour les formes sévères et récidivantes après chirurgie, de nouveaux traitements (des anticorps monoclonaux administrés par injection) peuvent être proposés. Ils ciblent spécifiquement les mécanismes de l'inflammation de type 2.

Traitement de la polypose colorectale

L'objectif ici est de prévenir la survenue d'un cancer.

  • La polypectomie endoscopique : C'est le geste de base. Lors de la coloscopie, tous les polypes détectés sont retirés et ensuite analysés au microscope.
  • La surveillance par coloscopie : Selon le nombre, la taille et le type de polypes retirés, des coloscopies de contrôle seront programmées à intervalles réguliers (tous les 1 à 5 ans) pour retirer les nouveaux polypes qui pourraient apparaître.
  • La chirurgie (colectomie) : Dans le cas de la Polypose Adénomateuse Familiale (PAF), où les polypes sont trop nombreux pour être retirés un par un, une chirurgie préventive est nécessaire. Elle consiste à retirer la totalité du côlon (colectomie totale) ou du côlon et du rectum (coloproctectomie totale). Cette intervention est généralement programmée à la fin de l'adolescence ou au début de l'âge adulte pour éliminer quasi totalement le risque de cancer. C'est une décision lourde mais qui sauve des vies.

Cet article ne remplace pas un avis médical. Si vous avez des questions ou si votre enfant présente des symptômes, n'hésitez pas à prendre rendez-vous avec un professionnel de santé. L'équipe médicale de Biloba est disponible pour répondre à vos interrogations.

En cas de symptômes graves comme une hémorragie digestive importante ou des douleurs abdominales intenses avec fièvre, contactez immédiatement le 15 ou le 112.

Questions fréquentes

Un polype est-il toujours cancéreux ?

Non, absolument pas. La grande majorité des polypes sont bénins. Dans le nez, les polypes d'une polypose naso-sinusienne ne sont jamais cancéreux. Dans le côlon, certains types de polypes (adénomateux) ont un potentiel d'évolution vers le cancer, mais cette transformation est lente (plusieurs années). C'est justement pour les détecter et les retirer avant qu'ils n'évoluent que le dépistage par coloscopie est si important.

La polypose nasale de mon enfant peut-elle disparaître seule ?

C'est très peu probable. La polypose naso-sinusienne est une maladie inflammatoire chronique. Sans traitement de fond (comme les sprays de corticoïdes), les symptômes et les polypes ont tendance à persister, voire à s'aggraver. L'objectif du traitement n'est pas toujours la disparition complète, mais un contrôle efficace des symptômes pour assurer une bonne qualité de vie.

Mon enfant a du sang dans les selles, dois-je m'inquiéter d'une polypose ?

La présence de sang dans les selles doit toujours motiver une consultation médicale. Cependant, il ne faut pas paniquer. Chez l'enfant, la cause la plus fréquente est de loin une simple fissure anale (petite plaie au niveau de l'anus) liée à la constipation. D'autres causes existent. Une polypose est une cause rare mais possible, qui sera explorée par le médecin si nécessaire, surtout en cas d'antécédents familiaux.

Qu'est-ce que le dépistage familial pour la polypose ?

Lorsque l'on diagnostique une polypose d'origine génétique, comme la Polypose Adénomateuse Familiale (PAF), il est crucial de proposer un dépistage aux membres de la famille proche (parents, frères et sœurs, enfants). Cela commence par une consultation d'oncogénétique. Si la mutation responsable est identifiée chez le patient, on peut la rechercher par une simple prise de sang chez ses proches. Ceux qui sont porteurs de la mutation bénéficieront d'une surveillance adaptée (coloscopie) dès l'adolescence, avant même l'apparition des symptômes, pour prévenir le risque de cancer.

La chirurgie est-elle la seule solution pour la polypose ?

Non, la chirurgie n'est pas toujours la première ni la seule option. Pour la polypose nasale, le traitement principal est médical (sprays, corticoïdes oraux, biothérapies) ; la chirurgie n'est envisagée qu'en cas d'échec. Pour la polypose colorectale, la plupart des polypes peuvent être retirés par endoscopie (coloscopie), sans chirurgie. La chirurgie lourde (retrait du côlon) est réservée à des situations spécifiques, principalement les polyposes génétiques très étendues comme la PAF.

Questions fréquentes

Un polype est-il toujours cancéreux ?

Non, absolument pas. La grande majorité des polypes sont bénins. Dans le nez, les polypes d'une polypose naso-sinusienne ne sont jamais cancéreux. Dans le côlon, certains types de polypes (adénomateux) ont un potentiel d'évolution vers le cancer, mais cette transformation est lente (plusieurs années). C'est justement pour les détecter et les retirer avant qu'ils n'évoluent que le dépistage par coloscopie est si important.

La polypose nasale de mon enfant peut-elle disparaître seule ?

C'est très peu probable. La polypose naso-sinusienne est une maladie inflammatoire chronique. Sans traitement de fond (comme les sprays de corticoïdes), les symptômes et les polypes ont tendance à persister, voire à s'aggraver. L'objectif du traitement n'est pas toujours la disparition complète, mais un contrôle efficace des symptômes pour assurer une bonne qualité de vie.

Mon enfant a du sang dans les selles, dois-je m'inquiéter d'une polypose ?

La présence de sang dans les selles doit toujours motiver une consultation médicale. Cependant, il ne faut pas paniquer. Chez l'enfant, la cause la plus fréquente est de loin une simple fissure anale (petite plaie au niveau de l'anus) liée à la constipation. D'autres causes existent. Une polypose est une cause rare mais possible, qui sera explorée par le médecin si nécessaire, surtout en cas d'antécédents familiaux.

Qu'est-ce que le dépistage familial pour la polypose ?

Lorsque l'on diagnostique une polypose d'origine génétique, comme la Polypose Adénomateuse Familiale (PAF), il est crucial de proposer un dépistage aux membres de la famille proche (parents, frères et sœurs, enfants). Cela commence par une consultation d'oncogénétique. Si la mutation responsable est identifiée chez le patient, on peut la rechercher par une simple prise de sang chez ses proches. Ceux qui sont porteurs de la mutation bénéficieront d'une surveillance adaptée (coloscopie) dès l'adolescence, avant même l'apparition des symptômes, pour prévenir le risque de cancer.

La chirurgie est-elle la seule solution pour la polypose ?

Non, la chirurgie n'est pas toujours la première ni la seule option. Pour la polypose nasale, le traitement principal est médical (sprays, corticoïdes oraux, biothérapies) ; la chirurgie n'est envisagée qu'en cas d'échec. Pour la polypose colorectale, la plupart des polypes peuvent être retirés par endoscopie (coloscopie), sans chirurgie. La chirurgie lourde (retrait du côlon) est réservée à des situations spécifiques, principalement les polyposes génétiques très étendues comme la PAF.

Dr. Dominique HOLCMAN
Médecin généraliste
Médecin généraliste depuis plus de 30 ans, le Dr. Holcman est partenaire et rédacteur chez Biloba. Engagé dans des actions humanitaires, il met son expertise au service de tous, avec une attention particulière portée à l'écoute, à la prévention et à l'accès aux soins.
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