Maladie de Kawasaki

Publié le 
May 26, 2026
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  1. La maladie de Kawasaki est une inflammation aiguë des vaisseaux sanguins touchant principalement les enfants de moins de 5 ans.
  2. Le symptôme principal est une fièvre élevée de plus de 5 jours, ne répondant pas aux traitements habituels, associée à d'autres signes (yeux rouges, éruption, atteinte de la bouche et des mains/pieds, ganglion).
  3. Le risque majeur est l'atteinte des artères coronaires (qui irriguent le cœur), pouvant entraîner des complications graves (anévrismes).
  4. Le traitement, urgent et en milieu hospitalier, repose sur l'administration d'immunoglobulines intraveineuses et d'aspirine.
  5. Avec un traitement précoce, la grande majorité des enfants guérit complètement et sans séquelles, mais un suivi cardiologique reste indispensable.

Qu'est-ce que la maladie de Kawasaki ?

La maladie de Kawasaki est une pathologie rare qui touche principalement les enfants, en particulier ceux de moins de 5 ans. Il s'agit d'une maladie inflammatoire aiguë, ce qui signifie qu'elle survient soudainement et provoque une inflammation dans tout le corps. Plus précisément, elle affecte les parois des vaisseaux sanguins de taille moyenne, on parle alors de "vascularite". Les vaisseaux les plus importants touchés sont les artères coronaires, celles qui irriguent le cœur en sang et en oxygène. C'est cette atteinte cardiaque potentielle qui rend le diagnostic et le traitement précoces si importants.

Également connue sous le nom de "syndrome lympho-cutanéo-muqueux", cette appellation un peu complexe décrit en réalité très bien ses principaux symptômes :

  • Lympho : en référence à l'atteinte des ganglions lymphatiques (provoquant une adénopathie).
  • Cutanéo : pour les manifestations sur la peau (éruption, rougeur, desquamation).
  • Muqueux : pour l'atteinte des muqueuses (yeux, bouche, gorge).

Il est essentiel de comprendre que la maladie de Kawasaki n'est pas contagieuse. Votre enfant ne peut pas la transmettre à d'autres enfants ou à des membres de la famille. C'est une réaction du système immunitaire de l'enfant lui-même qui est en cause.

Causes et facteurs de risque de la maladie de Kawasaki

À ce jour, la cause exacte de la maladie de Kawasaki reste inconnue. La communauté scientifique s'accorde sur l'hypothèse d'une réaction immunitaire excessive. Le scénario le plus probable est que le système immunitaire d'un enfant génétiquement prédisposé réagit de manière anormale et disproportionnée à une infection courante, comme un virus ou une bactérie. Ce n'est donc pas le microbe lui-même qui est dangereux, mais la cascade inflammatoire qu'il déclenche dans l'organisme de l'enfant.

Bien que tous les enfants puissent être touchés, certains facteurs de risque ont été identifiés :

  • L'âge : Environ 80% des cas surviennent chez des enfants de moins de 5 ans, avec un pic entre 1 et 2 ans.
  • Le sexe : Les garçons sont légèrement plus touchés que les filles.
  • L'origine ethnique : La maladie est plus fréquente chez les enfants d'origine asiatique, notamment japonaise, mais elle est présente dans le monde entier et concerne toutes les populations.

Il ne s'agit pas d'une maladie héréditaire au sens classique du terme. Avoir un enfant atteint de la maladie de Kawasaki n'augmente que très faiblement le risque pour ses frères et sœurs.

Comment reconnaître les symptômes de la maladie de Kawasaki ?

Le diagnostic de la maladie de Kawasaki est clinique, c'est-à-dire qu'il repose sur un ensemble de signes et de symptômes caractéristiques. Le symptôme principal, et souvent le premier à apparaître, est une fièvre élevée (généralement supérieure à 38,5°C) et persistante. La particularité de cette fièvre est qu'elle dure au moins cinq jours et ne répond que très peu, voire pas du tout, aux médicaments habituels comme le paracétamol ou l'ibuprofène.

En plus de cette fièvre, au moins quatre des cinq symptômes suivants doivent être présents pour poser le diagnostic de la forme "classique" de la maladie :

  1. Atteinte des yeux : Une conjonctivite bilatérale, c'est-à-dire que les deux yeux sont rouges. Il est important de noter qu'il n'y a pas de pus ni de sécrétions, contrairement à une conjonctivite bactérienne classique.
  2. Atteinte de la bouche et de la gorge : Les lèvres de l'enfant sont rouges, sèches et souvent fissurées. Sa langue peut devenir très rouge avec des papilles proéminentes, lui donnant un aspect de "langue framboisée". La gorge est également rouge et inflammatoire.
  3. Atteinte de la peau (éruption cutanée) : Une éruption apparaît sur le tronc et peut s'étendre aux membres et au visage. Elle peut prendre diverses formes (taches rouges, boutons...) mais ne forme généralement pas de cloques.
  4. Atteinte des extrémités (mains et pieds) : Les paumes des mains et les plantes des pieds deviennent rouges et enflées (œdème). Dans un second temps, environ 2 à 3 semaines après le début de la maladie, une desquamation caractéristique apparaît : la peau des doigts et des orteils pèle en larges lambeaux.
  5. Atteinte des ganglions du cou : Un ou plusieurs ganglions lymphatiques du cou augmentent de volume, formant une masse souvent sensible. C'est ce qu'on appelle une adénopathie cervicale, généralement unilatérale (d'un seul côté).

D'autres symptômes peuvent être associés, comme une grande irritabilité, des douleurs articulaires, des douleurs abdominales ou une diarrhée. Il est important de savoir qu'il existe des formes "incomplètes" ou "atypiques" de la maladie, surtout chez les nourrissons, où tous les critères ne sont pas présents, ce qui peut rendre le diagnostic plus difficile.

Diagnostic et examens complémentaires

Comme il n'existe pas de test unique pour confirmer la maladie de Kawasaki, le médecin ou le pédiatre s'appuie sur l'ensemble des symptômes cliniques décrits ci-dessus. Le critère principal reste la fièvre d'au moins 5 jours associée à plusieurs autres signes.

Pour aider au diagnostic et, surtout, pour évaluer l'état de santé général de l'enfant et rechercher d'éventuelles complications, des examens complémentaires sont systématiquement réalisés à l'hôpital :

  • Des analyses de sang : Elles permettent de mettre en évidence un syndrome inflammatoire important (augmentation de la protéine C-réactive, des globules blancs, etc.).
  • Des analyses d'urines : Elles peuvent aussi montrer des signes d'inflammation.
  • Une échocardiographie : C'est l'examen le plus important. Il s'agit d'une échographie du cœur, totalement indolore, qui permet de visualiser les artères coronaires. Le cardiologue recherche une inflammation de leur paroi (coronarite) ou une dilatation (anévrisme). Cet examen est crucial car il guide le traitement et le suivi à long terme. Il est réalisé au moment du diagnostic puis répété plusieurs fois au cours des semaines et mois suivants pour surveiller l'évolution.
  • Un électrocardiogramme (ECG) : Il enregistre l'activité électrique du cœur et peut compléter l'échocardiographie.

Quels sont les traitements pour la maladie de Kawasaki ?

Le traitement de la maladie de Kawasaki doit être débuté le plus tôt possible, idéalement dans les 10 jours suivant le début de la fièvre, pour minimiser le risque de complications cardiaques. Il nécessite toujours une hospitalisation.

Le traitement de référence repose sur deux piliers :

1. Les immunoglobulines intraveineuses (IgIV)

Il s'agit du traitement principal. Les immunoglobulines sont des anticorps issus du plasma de milliers de donneurs de sang sains. Administrées en perfusion intraveineuse pendant plusieurs heures, elles agissent en modulant la réaction immunitaire excessive et en diminuant rapidement l'inflammation des vaisseaux sanguins. La plupart des enfants voient leur fièvre et leurs symptômes s'améliorer de façon spectaculaire dans les 24 à 48 heures suivant la perfusion.

2. L'aspirine à haute dose

L'aspirine est administrée à des doses élevées au début de la maladie pour ses propriétés anti-inflammatoires et pour aider à faire baisser la fièvre. C'est l'une des très rares situations en pédiatrie où l'aspirine est utilisée, en raison du risque de syndrome de Reye. Dans le cas de la maladie de Kawasaki, le bénéfice est bien supérieur au risque, et son administration se fait sous surveillance médicale stricte à l'hôpital. Une fois la fièvre contrôlée, les doses d'aspirine sont diminuées et poursuivies pendant plusieurs semaines. À faible dose, son rôle est alors de fluidifier le sang (effet antiagrégant plaquettaire) pour empêcher la formation de caillots dans les artères coronaires qui pourraient être abîmées.

En cas de non-réponse au traitement initial

Chez environ 10 à 20% des enfants, la fièvre peut persister ou réapparaître après la première perfusion d'IgIV. On parle alors de forme résistante. Dans ce cas, une deuxième dose d'IgIV peut être administrée. Si cela ne suffit pas, d'autres traitements anti-inflammatoires plus puissants peuvent être utilisés, comme les corticoïdes ou des médicaments de biothérapie tel que l'infliximab.

Conformément aux recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS), une prise en charge rapide et spécialisée est la clé pour prévenir les séquelles. Vous pouvez consulter les informations officielles sur le site de la HAS.

Évolution, pronostic et suivi

Grâce aux traitements actuels, le pronostic de la maladie de Kawasaki est excellent pour la grande majorité des enfants. Avec un traitement par immunoglobulines administré dans les 10 premiers jours, le risque de développer un anévrisme des artères coronaires chute de 25% à moins de 5%.

La phase aiguë de la maladie (fièvre, éruption) dure environ deux semaines. La convalescence peut prendre plusieurs semaines, durant lesquelles l'enfant peut rester fatigué et irritable. La desquamation des doigts et des orteils est un signe normal de guérison qui survient plus tardivement.

Un suivi cardiologique est indispensable pour tous les enfants ayant eu une maladie de Kawasaki, même ceux qui n'ont pas eu de complications initiales. Ce suivi, assuré par un cardiologue pédiatre, repose sur des échocardiographies régulières. La fréquence et la durée du suivi dépendent de l'atteinte initiale des artères coronaires :

  • En l'absence d'atteinte coronaire : le suivi est généralement poursuivi pendant quelques mois avant d'être arrêté.
  • En cas d'atteinte coronaire : le suivi sera plus rapproché et potentiellement maintenu à vie si des anévrismes persistent.

La plupart des enfants reprennent une vie parfaitement normale sans aucune séquelle.

Quand consulter en urgence ?

Il est crucial de réagir rapidement face à des symptômes évocateurs. Vous devez consulter un médecin sans tarder si votre enfant, surtout s'il a moins de 5 ans, présente une fièvre qui dure depuis plus de 3 ou 4 jours et qui s'accompagne d'au moins un des autres signes de la maladie : yeux rouges sans pus, éruption cutanée, lèvres rouges et sèches, gonflement des mains ou des pieds, ou un gros ganglion dans le cou.

En cas de signes de gravité comme une difficulté à respirer, une douleur dans la poitrine, une pâleur extrême, une somnolence anormale ou si votre enfant semble très abattu, appelez immédiatement le 15 (SAMU) ou le 112.

Cet article a une visée informative et ne se substitue en aucun cas à un avis médical. Si vous avez le moindre doute concernant la santé de votre enfant, l'équipe médicale de Biloba est disponible pour vous écouter et vous orienter en téléconsultation.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

La maladie de Kawasaki est-elle contagieuse ?

Non, absolument pas. La maladie de Kawasaki n'est pas une maladie infectieuse classique que l'on peut attraper au contact d'une autre personne. Il s'agit d'une réaction inflammatoire du propre système immunitaire de l'enfant, probablement déclenchée par une infection banale. Il n'y a donc aucune mesure d'isolement à prendre pour l'enfant ou sa famille.

Mon enfant peut-il avoir la maladie de Kawasaki une deuxième fois ?

C'est extrêmement rare, mais possible. Les récidives concernent environ 1 à 3% des patients. Elles surviennent le plus souvent dans l'année qui suit le premier épisode. Le diagnostic et le traitement sont les mêmes que pour le premier épisode.

Pourquoi donner de l'aspirine à mon enfant, n'est-ce pas dangereux ?

Vous avez raison d'être prudent, car l'aspirine est en temps normal contre-indiquée chez l'enfant en raison du risque de syndrome de Reye, une maladie grave. Cependant, la maladie de Kawasaki est l'une des rares exceptions médicales où les bénéfices de l'aspirine l'emportent largement sur les risques. À forte dose au début, elle combat l'inflammation, puis à faible dose, elle empêche la formation de caillots. Ce traitement se fait toujours sous stricte surveillance médicale à l'hôpital.

Mon enfant aura-t-il des séquelles à long terme ?

Grâce à un diagnostic et un traitement rapides, plus de 95% des enfants se rétablissent complètement sans aucune séquelle. Le suivi par échocardiographie permet de s'assurer que les artères coronaires reviennent à la normale. Pour le petit nombre d'enfants qui développent des anévrismes persistants, un suivi cardiologique à long terme et parfois un traitement continu sont nécessaires pour prévenir les complications.

Mon enfant devra-t-il limiter ses activités après la maladie ?

Pour la majorité des enfants qui n'ont aucune séquelle au niveau des artères coronaires, aucune restriction d'activité n'est nécessaire une fois la phase de convalescence terminée. Ils peuvent retourner à l'école, jouer et faire du sport comme tous les autres enfants. En cas d'atteinte cardiaque, le cardiologue pédiatre donnera des recommandations spécifiques sur les activités physiques autorisées, adaptées à la situation de chaque enfant.

Dr. Dominique HOLCMAN
Médecin généraliste
Médecin généraliste depuis plus de 30 ans, le Dr. Holcman est partenaire et rédacteur chez Biloba. Engagé dans des actions humanitaires, il met son expertise au service de tous, avec une attention particulière portée à l'écoute, à la prévention et à l'accès aux soins.
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