- Les diverticules sont de petites hernies de la paroi du tube digestif, le plus souvent situées sur le côlon.
- La simple présence de diverticules s'appelle la diverticulose et est généralement sans symptôme.
- L'inflammation d'un diverticule, ou diverticulite, provoque une douleur abdominale (souvent en bas à gauche), de la fièvre et des troubles digestifs.
- Le diagnostic de diverticulite est confirmé par un scanner abdominal ; la coloscopie est réalisée à distance de la crise.
- La prévention repose sur une alimentation riche en fibres, une bonne hydratation et une activité physique régulière.
Qu'est-ce qu'un diverticule ? Une définition simple
Vous avez peut-être entendu parler de "diverticules" lors d'un examen médical ou dans votre entourage, et ce terme peut susciter des interrogations. Rassurez-vous, nous allons tout vous expliquer simplement. Un diverticule est une petite poche, une sorte de hernie de la taille d'une bille, qui se forme sur la paroi d'un organe creux, le plus souvent au niveau du tube digestif. Imaginez la chambre à air d'un pneu de vélo : si l'enveloppe extérieure présente un point de faiblesse, la chambre à air peut former une petite boursouflure à cet endroit. C'est un peu le même mécanisme pour un diverticule.
Bien qu'ils puissent se former à plusieurs endroits, les diverticules les plus courants sont de loin les diverticules coliques, situés sur le côlon (la plus grande partie du gros intestin). On peut également, plus rarement, en trouver au niveau de l'œsophage (diverticule œsophagien) ou de l'estomac (diverticule gastrique).
Diverticulose et diverticulite : deux notions à ne pas confondre
Il est essentiel de faire la distinction entre deux termes qui se ressemblent mais décrivent des situations très différentes :
- La diverticulose : C'est simplement le fait d'avoir un ou plusieurs diverticules. Dans l'immense majorité des cas (environ 80%), la diverticulose ne provoque aucun symptôme. La plupart des personnes qui en sont porteuses l'ignorent et le découvrent de manière fortuite lors d'un examen d'imagerie (comme une coloscopie) réalisé pour une autre raison.
- La diverticulite : C'est la complication de la diverticulose. Elle survient lorsqu'un ou plusieurs diverticules s'enflamment ou s'infectent. C'est cette inflammation qui est responsable des symptômes douloureux et qui nécessite une prise en charge médicale. On parle alors de "poussée de diverticulite".
En résumé, avoir des diverticules (diverticulose) est très fréquent et généralement anodin. C'est leur inflammation (diverticulite) qui constitue la véritable pathologie, qu'on appelle plus globalement la maladie diverticulaire.
Quelles sont les causes et les facteurs de risque des diverticules ?
La formation des diverticules coliques est un processus qui s'étale sur plusieurs années et qui est lié à une combinaison de facteurs. Le principal mécanisme en cause est une augmentation de la pression à l'intérieur du côlon.
Les facteurs de risque principaux
- L'âge : C'est le facteur de risque numéro un. Avec le temps, la paroi musculaire de l'intestin peut perdre de son élasticité et de sa résistance. Les diverticules sont rares avant 40 ans, mais leur fréquence augmente considérablement ensuite. On estime que plus de la moitié des personnes de plus de 60 ans ont une diverticulose.
- Une alimentation pauvre en fibres : Les fibres alimentaires (présentes dans les fruits, les légumes, les légumineuses et les céréales complètes) aident à retenir l'eau dans les selles, les rendant plus volumineuses et plus molles. Un manque de fibres entraîne une constipation et des selles plus dures, ce qui oblige le côlon à forcer davantage pour les expulser. Cette pression accrue favorise la formation de hernies à travers les points faibles de la paroi intestinale.
- La sédentarité : Le manque d'activité physique régulière peut ralentir le transit intestinal et contribuer à la constipation, augmentant ainsi la pression dans le côlon.
- Le surpoids et l'obésité : Ils sont associés à un état inflammatoire général et à une pression intra-abdominale plus élevée, ce qui peut favoriser l'apparition de diverticulites.
- Le tabagisme : Fumer est un facteur de risque connu pour les formes compliquées de diverticulite.
- Certains médicaments : L'utilisation régulière d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et de corticoïdes pourrait augmenter le risque de complications comme la perforation.
Quels sont les symptômes de la maladie diverticulaire ?
Comme nous l'avons vu, la diverticulose est le plus souvent silencieuse. Les symptômes n'apparaissent qu'en cas de complication, principalement lors d'une poussée de diverticulite aiguë.
Les symptômes d'une diverticulite non compliquée
La crise typique de diverticulite se manifeste par :
- Une douleur abdominale : C'est le symptôme principal. Elle est généralement localisée en bas à gauche de l'abdomen (fosse iliaque gauche), car c'est là que se situe la partie du côlon la plus souvent touchée (le sigmoïde). La douleur est souvent d'apparition progressive et continue.
- De la fièvre : Une fièvre modérée (autour de 38-38,5°C) est fréquente, signe de l'infection/inflammation.
- Des troubles du transit : Une constipation inhabituelle ou, plus rarement, une diarrhée peuvent accompagner la crise.
- Des nausées et parfois des vomissements.
- Un ventre ballonné et sensible au toucher.
Les signes de complications
Dans certains cas (environ 15% des diverticulites), des complications plus sérieuses peuvent survenir. Leurs symptômes sont plus alarmants :
- L'abcès : Une collection de pus se forme à côté du diverticule enflammé. La douleur devient plus intense, la fièvre plus élevée, et on peut parfois sentir une masse douloureuse à la palpation du ventre.
- La péritonite : C'est la complication la plus grave. Le diverticule se perfore et le contenu de l'intestin se répand dans la cavité abdominale. Cela provoque une douleur abdominale brutale, intense et généralisée, un ventre très dur ("ventre de bois") et une altération de l'état général. C'est une urgence chirurgicale absolue.
- L'hémorragie : Un vaisseau sanguin au contact d'un diverticule peut se rompre, entraînant une émission de sang rouge par l'anus (rectorragie). Ce saignement est souvent indolore mais peut être abondant et impressionnant.
- La fistule : Plus rarement, l'inflammation peut créer un canal anormal (une fistule) entre le côlon et un organe voisin, comme la vessie (provoquant des infections urinaires à répétition) ou le vagin.
Comment le diagnostic est-il posé ?
Si vous présentez des symptômes évocateurs d'une diverticulite, il est important de consulter un médecin. Le diagnostic repose sur plusieurs éléments.
L'examen clinique et l'interrogatoire
Le médecin vous posera des questions sur vos symptômes (type de douleur, localisation, fièvre, transit...). Il procédera ensuite à un examen clinique, notamment une palpation de votre abdomen pour localiser la douleur et rechercher des signes de gravité.
Les examens complémentaires
- La prise de sang : Elle permet de rechercher des marqueurs de l'inflammation et de l'infection (comme une augmentation des globules blancs et de la protéine C-réactive ou CRP).
- Le scanner abdominal (tomodensitométrie) : C'est l'examen de référence pour confirmer le diagnostic de diverticulite. Il permet de visualiser le côlon, de voir les diverticules enflammés, d'évaluer l'étendue de l'inflammation et, surtout, de rechercher d'éventuelles complications comme un abcès ou une perforation.
La coloscopie, un examen qui explore l'intérieur du côlon avec une caméra, est contre-indiquée pendant la crise de diverticulite aiguë en raison du risque de perforation. Elle est cependant souvent recommandée quelques semaines (6 à 8 semaines) après la fin de l'épisode, pour examiner l'ensemble du côlon et s'assurer de l'absence d'autres pathologies.
Quels sont les traitements pour la maladie diverticulaire ?
La prise en charge dépend de la situation : diverticulose asymptomatique, diverticulite simple ou diverticulite compliquée. L'objectif est de calmer l'inflammation, de prévenir les récidives et de traiter les complications. Les stratégies de traitement suivent des protocoles bien établis, s'appuyant notamment sur les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS).
Traitement de la diverticulite simple (non compliquée)
La plupart des poussées de diverticulite simples peuvent être traitées à domicile, sous surveillance médicale.
- Mise au repos du système digestif : Le médecin vous prescrira un régime alimentaire spécifique. En général, on commence par une diète liquide ou sans résidus (bouillons, jus de fruits sans pulpe, yaourts...) pendant quelques jours pour laisser le côlon se reposer. Les aliments solides, et notamment les fibres, sont réintroduits très progressivement une fois que les symptômes s'améliorent.
- Traitement de la douleur : Des antalgiques comme le paracétamol sont généralement prescrits. Les anti-inflammatoires (AINS) et la morphine sont souvent évités car ils peuvent masquer une complication ou augmenter le risque de perforation.
- Les antibiotiques : Pendant longtemps, les antibiotiques étaient systématiques. Aujourd'hui, pour les formes très légères et non compliquées, les recommandations évoluent et il est parfois possible de s'en passer, sous stricte surveillance. Cependant, ils restent très souvent prescrits pour une durée de 7 à 10 jours pour contrôler l'infection.
Traitement de la diverticulite compliquée
La présence d'un abcès, d'une perforation ou d'une hémorragie sévère nécessite une hospitalisation en urgence.
- Hospitalisation : Le patient est mis à jeun, perfusé pour être hydraté, et reçoit des antibiotiques par voie intraveineuse.
- Drainage d'abcès : Si un abcès volumineux est présent, il peut être drainé sous contrôle radiologique (scanner ou échographie) en insérant une aiguille à travers la peau.
- Chirurgie : Une intervention chirurgicale est indispensable en cas de péritonite (perforation) ou d'échec des autres traitements. Elle consiste à retirer la portion du côlon malade (colectomie sigmoïdienne). Dans certains cas d'urgence, une stomie temporaire (une "poche") peut être nécessaire. Une chirurgie peut aussi être discutée "à froid", c'est-à-dire à distance d'une crise, chez les patients qui font des poussées de diverticulite sévères et répétées.
Prévention et conseils au quotidien
Si vous avez une diverticulose, la meilleure chose à faire est d'adopter des habitudes de vie qui protègent votre côlon et préviennent la survenue d'une diverticulite. Ces mesures sont également valables après une première poussée pour éviter les récidives.
- Adoptez une alimentation riche en fibres : Visez un apport de 25 à 30 grammes de fibres par jour. Augmentez progressivement votre consommation de fruits, légumes, légumineuses (lentilles, pois chiches...), et céréales complètes (pain complet, riz complet, quinoa...).
- Buvez suffisamment d'eau : L'eau est indispensable pour que les fibres puissent jouer leur rôle. Buvez au moins 1,5 à 2 litres d'eau par jour.
- Pratiquez une activité physique régulière : La marche, le vélo, la natation... 30 minutes par jour suffisent pour stimuler le transit intestinal.
- Maintenez un poids de forme : Si vous êtes en surpoids, une perte de poids progressive aura des effets bénéfiques.
- Arrêtez de fumer.
Une vieille croyance voulait qu'il faille éviter de manger des aliments avec de petits pépins ou des noix (fraises, kiwis, tomates, noix...), de peur qu'ils ne se coincent dans un diverticule. Les études récentes ont montré que cette recommandation n'était pas fondée. Vous pouvez donc consommer ces aliments sans crainte.
Quand consulter en urgence ?
Il est crucial de savoir reconnaître les signes d'alerte qui doivent vous amener à consulter sans délai.
Consultez un médecin en urgence ou appelez le 15 (SAMU) ou le 112 si vous présentez :
- Une douleur abdominale intense, soudaine, qui ne cède pas.
- Un ventre qui devient dur, tendu et très douloureux au moindre contact.
- Une fièvre élevée (supérieure à 39°C) accompagnée de frissons.
- Des vomissements persistants qui vous empêchent de vous hydrater.
- L'émission d'une quantité importante de sang rouge par l'anus.
Cet article a pour but de vous informer, mais il ne remplace en aucun cas un avis médical. Si vous avez des questions ou si vous ressentez des symptômes qui vous inquiètent, n'hésitez pas à prendre rendez-vous avec un professionnel de santé. Les médecins sur biloba.com sont disponibles pour vous écouter et vous orienter.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Les diverticules sont-ils dangereux ?
En eux-mêmes, non. La grande majorité des personnes ayant une diverticulose (la présence de diverticules) ne le sauront jamais et n'auront aucun symptôme. Le danger vient de la complication : la diverticulite (inflammation/infection). Même dans ce cas, la plupart des diverticulites sont non compliquées et se traitent bien avec du repos et des médicaments. Les situations vraiment dangereuses (abcès, péritonite) sont rares mais nécessitent une prise en charge en urgence.
Dois-je suivre un régime alimentaire spécial si j'ai des diverticules ?
En dehors des crises de diverticulite, le meilleur régime est une alimentation normale, équilibrée et riche en fibres (fruits, légumes, céréales complètes) pour favoriser un bon transit et éviter la constipation. Il n'est plus recommandé d'éviter les aliments à pépins ou les noix. C'est seulement pendant et juste après une crise de diverticulite qu'un régime pauvre en fibres (ou liquide) est temporairement prescrit pour mettre l'intestin au repos.
La diverticulite peut-elle revenir ?
Oui, une récidive est possible. Après une première poussée de diverticulite non compliquée, environ un tiers des patients connaîtront un nouvel épisode dans les années qui suivent. C'est pourquoi il est très important d'adopter les mesures de prévention (alimentation riche en fibres, hydratation, activité physique) pour diminuer ce risque de récidive.
Les diverticules peuvent-ils se transformer en cancer ?
Non, il n'y a absolument aucun lien entre les diverticules et le cancer du côlon. Ce sont deux pathologies totalement distinctes. Cependant, les symptômes de certaines complications de la maladie diverticulaire peuvent parfois ressembler à ceux d'un cancer. C'est l'une des raisons pour lesquelles une coloscopie est souvent réalisée à distance d'une poussée de diverticulite, afin de s'assurer de la bonne santé de l'ensemble du côlon.
Peut-on avoir des diverticules quand on est jeune ?
C'est très rare. La diverticulose est principalement une pathologie liée à l'âge, qui apparaît généralement après 40 ans et dont la fréquence augmente avec les décennies. Son apparition chez une personne jeune doit faire rechercher des facteurs de risque spécifiques, mais reste exceptionnelle dans la population générale des pays occidentaux.

