Carence en vitamine D

Publié le 
May 26, 2026
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  1. La vitamine D, "vitamine du soleil", est essentielle à la santé osseuse et au système immunitaire.
  2. La carence est fréquente, surtout chez les nourrissons, les personnes âgées et celles peu exposées au soleil.
  3. Les symptômes peuvent être absents ou inclure fatigue, douleurs osseuses et musculaires ; chez l'enfant, elle peut causer le rachitisme.
  4. Le diagnostic repose sur un simple dosage sanguin, prescrit par un médecin.
  5. Le traitement principal est une supplémentation en vitamine D, qui doit toujours être encadrée par un professionnel de santé pour éviter tout surdosage.

Qu'est-ce que la carence en vitamine D ?

La vitamine D, souvent surnommée la "vitamine du soleil", est une substance essentielle au bon fonctionnement de notre organisme. Elle joue un rôle crucial dans la santé de nos os en aidant notre corps à absorber le calcium et le phosphore, deux minéraux indispensables à la solidité du squelette. Mais ses bienfaits ne s'arrêtent pas là : elle participe également au bon fonctionnement de notre système immunitaire, à la santé de nos muscles et à la régulation de la croissance cellulaire.

On parle de carence en vitamine D lorsque le taux de cette vitamine dans le sang est inférieur au seuil nécessaire pour assurer ces fonctions vitales. Cette situation est relativement fréquente, en particulier dans les pays peu ensoleillés une partie de l'année, comme la France. Elle peut toucher tout le monde, mais certaines populations sont plus à risque, notamment les nourrissons, les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées.

Il est important de distinguer deux niveaux de déficit :

  • L'insuffisance en vitamine D : le taux est bas, mais pas encore au point de provoquer des symptômes graves. C'est le stade le plus courant.
  • La carence avérée : le taux est très bas, augmentant significativement le risque de complications, notamment osseuses.

Cet article a pour but de vous fournir des informations claires et fiables sur la carence en vitamine D. Il ne remplace en aucun cas un avis médical. Si vous avez des inquiétudes pour vous ou votre enfant, l'équipe médicale de Biloba est à votre disposition en téléconsultation.

Quelles sont les causes et les facteurs de risque ?

La principale source de vitamine D pour notre corps est l'exposition de la peau aux rayons ultraviolets B (UVB) du soleil. Notre alimentation en fournit également, mais en quantités souvent insuffisantes. La carence résulte donc le plus souvent d'un déséquilibre entre nos besoins et nos apports.

Un manque d'exposition au soleil

C'est la cause la plus fréquente. Plusieurs facteurs peuvent limiter notre synthèse de vitamine D :

  • La saison et la latitude : En France métropolitaine, d'octobre à avril, l'inclinaison du soleil est telle que les rayons UVB sont trop faibles pour permettre une production suffisante de vitamine D.
  • Le mode de vie : Le temps passé en intérieur (travail de bureau, école) réduit naturellement notre exposition.
  • La protection solaire : L'application d'une crème solaire, bien qu'indispensable pour se protéger des cancers de la peau, bloque les rayons UVB et donc la production de vitamine D.
  • La pollution atmosphérique : Elle peut filtrer les rayons UVB et diminuer la synthèse cutanée.

Des facteurs de risque individuels

Certaines personnes sont plus susceptibles de développer une carence :

  • Les nourrissons : Surtout s'ils sont allaités au sein (le lait maternel est pauvre en vitamine D), ils ont des réserves limitées et ne doivent pas être exposés directement au soleil. Une supplémentation est systématiquement recommandée.
  • Les personnes à la peau foncée : La mélanine, le pigment qui colore la peau, agit comme un filtre solaire naturel et ralentit la production de vitamine D. Les besoins en temps d'exposition sont donc plus importants.
  • Les personnes âgées : Avec l'âge, la peau devient moins efficace pour produire de la vitamine D. De plus, les personnes âgées sortent souvent moins et peuvent avoir une alimentation moins variée.
  • Les femmes enceintes et allaitantes : Leurs besoins sont accrus pour assurer le bon développement du fœtus et du nourrisson.
  • Les personnes en surpoids ou obèses : La vitamine D est liposoluble, c'est-à-dire qu'elle se stocke dans les graisses. Chez les personnes obèses, elle peut être "piégée" dans les tissus adipeux et moins disponible pour le reste du corps.
  • Certaines pathologies : Les maladies qui affectent l'absorption des graisses (maladie de Crohn, maladie cœliaque) ou les maladies du foie ou des reins peuvent perturber l'activation de la vitamine D dans l'organisme.

Quels sont les symptômes d'une carence en vitamine D ?

Il est important de noter que la plupart des personnes ayant une insuffisance ou une carence légère en vitamine D ne présentent aucun symptôme. Le déficit peut rester silencieux pendant des années. Lorsque des signes apparaissent, ils sont souvent peu spécifiques, ce qui peut retarder le diagnostic.

Symptômes chez l'adulte

  • Fatigue et faiblesse musculaire : Une sensation de fatigue persistante, non expliquée par un manque de sommeil, est un signe courant. Des douleurs musculaires diffuses peuvent également être présentes.
  • Douleurs osseuses : Des douleurs sourdes, notamment dans le bas du dos, les hanches, le bassin ou les jambes.
  • Sautes d'humeur : Un lien a été observé entre un faible taux de vitamine D et des symptômes dépressifs, bien que le mécanisme exact reste à clarifier.
  • Immunité affaiblie : Des infections plus fréquentes (rhumes, grippes) peuvent être un signe d'un système immunitaire moins performant.
  • Chute de cheveux : Une carence sévère peut parfois contribuer à une perte de cheveux.

Symptômes chez le nourrisson et l'enfant

Chez les plus jeunes, la carence en vitamine D peut avoir des conséquences graves sur la croissance et le développement du squelette. La forme la plus sévère est le rachitisme, une maladie de la croissance osseuse.

Les parents doivent être attentifs aux signes suivants :

  • Déformations osseuses : Jambes arquées, genoux qui se touchent (genu valgum), épaississement des poignets et des chevilles.
  • Retard de croissance : Une croissance staturo-pondérale plus lente que la normale.
  • Retard moteur : Un retard dans l'acquisition de la marche.
  • Hypotonie musculaire : Une faiblesse générale du tonus musculaire, l'enfant peut paraître "mou".
  • Retard de fermeture de la fontanelle antérieure (l'espace mou sur le dessus du crâne du bébé).
  • Craniotabès : Un ramollissement des os du crâne chez le nourrisson.
  • Irritabilité et transpiration excessive, notamment au niveau de la tête.

Face à l'un de ces signes chez votre enfant, une consultation médicale s'impose rapidement.

Comment le diagnostic est-il posé et quel est le traitement ?

Le diagnostic

Le diagnostic de la carence en vitamine D est simple et repose sur une analyse de sang. Votre médecin vous prescrira un dosage de la "25-hydroxyvitamine D", ou 25(OH)D. C'est la forme de stockage de la vitamine dans l'organisme et son taux sanguin est le meilleur reflet de votre statut vitaminique.

En fonction des résultats et du contexte clinique, le médecin pourra demander des examens complémentaires, comme un dosage du calcium, du phosphore ou de l'hormone parathyroïdienne (PTH), voire des radiographies osseuses chez un enfant si un rachitisme est suspecté.

Le traitement

La prise en charge vise à corriger le déficit et à prévenir les complications. Elle doit toujours être supervisée par un professionnel de santé, car un surdosage en vitamine D (hypervitaminose) peut être toxique.

Le traitement principal est la supplémentation orale en vitamine D, le plus souvent sous forme de gouttes ou d'ampoules. La posologie est adaptée par le médecin en fonction de :

  • La sévérité de la carence.
  • L'âge du patient.
  • La présence de facteurs de risque ou de maladies associées.

On distingue généralement une phase d'attaque (avec des doses plus élevées pour reconstituer les stocks) suivie d'une phase d'entretien (avec des doses plus faibles pour maintenir un taux correct). En parallèle, il est conseillé d'adopter un mode de vie favorisant un bon statut en vitamine D : une exposition solaire modérée et une alimentation variée.

Prévention et recommandations officielles

La prévention est la meilleure approche, en particulier pour les populations à risque. En France, les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) et des sociétés savantes sont claires.

Chez le nourrisson et l'enfant

Une supplémentation systématique en vitamine D est indispensable pour tous les enfants de la naissance à 18 ans. Votre pédiatre ou médecin généraliste vous prescrira la posologie adaptée à votre enfant, généralement sous forme de gouttes quotidiennes. Cette mesure a permis de faire quasiment disparaître le rachitisme en France.

Chez les autres populations à risque

Une supplémentation préventive est également recommandée pour :

  • Les femmes enceintes : souvent dès le début de la grossesse pour le bien-être de la mère et du futur bébé.
  • Les personnes âgées : pour prévenir l'ostéoporose et réduire le risque de chutes.
  • Toute personne présentant un facteur de risque identifié (faible ensoleillement, pathologie chronique...).

N'hésitez pas à aborder ce sujet avec votre médecin, qui saura évaluer vos besoins spécifiques.

En cas de doute ou de symptômes pouvant évoquer une urgence, notamment chez un nourrisson (malaise, troubles de la conscience), contactez immédiatement le 15 ou le 112.

Pour des questions d'ordre général ou un suivi, les pédiatres et médecins de Biloba sont disponibles pour vous accompagner.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une insuffisance et une carence en vitamine D ?

La différence est une question de seuil dans les résultats de la prise de sang. L'insuffisance correspond à un taux bas, qui peut avoir des conséquences à long terme mais est souvent asymptomatique. La carence est un déficit plus sévère, avec un taux très bas, qui expose à des risques plus importants et plus immédiats, comme le rachitisme chez l'enfant ou l'ostéomalacie (déminéralisation osseuse) chez l'adulte.

Puis-je me supplémenter en vitamine D sans avis médical ?

L'auto-supplémentation est fortement déconseillée. Seul un médecin peut poser le diagnostic de carence, évaluer vos besoins réels et prescrire la dose adéquate. Un surdosage en vitamine D est toxique et peut entraîner une hypercalcémie (trop de calcium dans le sang), avec des conséquences potentiellement graves pour les reins et le cœur.

Le soleil d'hiver est-il suffisant pour produire de la vitamine D ?

Non. En France métropolitaine, d'environ octobre à avril, l'angle des rayons du soleil est trop faible. Les rayons UVB, nécessaires à la production de vitamine D par la peau, sont en grande partie filtrés par l'atmosphère. Durant cette période, notre organisme vit principalement sur les stocks accumulés pendant l'été et sur les apports alimentaires et de supplémentation.

Mon enfant est allaité, a-t-il vraiment besoin d'une supplémentation en vitamine D ?

Oui, absolument. Le lait maternel, bien qu'étant l'aliment idéal pour le nourrisson, contient de très faibles quantités de vitamine D, insuffisantes pour couvrir ses besoins. C'est pourquoi une supplémentation quotidienne est systématiquement prescrite à tous les bébés allaités dès les premiers jours de vie, conformément aux recommandations pédiatriques françaises.

Les aliments enrichis en vitamine D sont-ils une bonne solution ?

Les aliments enrichis (certains laits, yaourts, céréales) peuvent être un complément utile dans le cadre d'une alimentation équilibrée et d'une stratégie de prévention. Cependant, ils sont rarement suffisants pour corriger une carence avérée ou pour couvrir l'ensemble des besoins, notamment chez les populations à risque. Ils ne remplacent pas la supplémentation médicale lorsque celle-ci est nécessaire.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une insuffisance et une carence en vitamine D ?

La différence est une question de seuil dans les résultats de la prise de sang. L'insuffisance correspond à un taux bas, qui peut avoir des conséquences à long terme mais est souvent asymptomatique. La carence est un déficit plus sévère, avec un taux très bas, qui expose à des risques plus importants et plus immédiats, comme le rachitisme chez l'enfant ou l'ostéomalacie (déminéralisation osseuse) chez l'adulte.

Puis-je me supplémenter en vitamine D sans avis médical ?

L'auto-supplémentation est fortement déconseillée. Seul un médecin peut poser le diagnostic de carence, évaluer vos besoins réels et prescrire la dose adéquate. Un surdosage en vitamine D est toxique et peut entraîner une hypercalcémie (trop de calcium dans le sang), avec des conséquences potentiellement graves pour les reins et le cœur.

Le soleil d'hiver est-il suffisant pour produire de la vitamine D ?

Non. En France métropolitaine, d'environ octobre à avril, l'angle des rayons du soleil est trop faible. Les rayons UVB, nécessaires à la production de vitamine D par la peau, sont en grande partie filtrés par l'atmosphère. Durant cette période, notre organisme vit principalement sur les stocks accumulés pendant l'été et sur les apports alimentaires et de supplémentation.

Mon enfant est allaité, a-t-il vraiment besoin d'une supplémentation en vitamine D ?

Oui, absolument. Le lait maternel, bien qu'étant l'aliment idéal pour le nourrisson, contient de très faibles quantités de vitamine D, insuffisantes pour couvrir ses besoins. C'est pourquoi une supplémentation quotidienne est systématiquement prescrite à tous les bébés allaités dès les premiers jours de vie, conformément aux recommandations pédiatriques françaises.

Les aliments enrichis en vitamine D sont-ils une bonne solution ?

Les aliments enrichis (certains laits, yaourts, céréales) peuvent être un complément utile dans le cadre d'une alimentation équilibrée et d'une stratégie de prévention. Cependant, ils sont rarement suffisants pour corriger une carence avérée ou pour couvrir l'ensemble des besoins, notamment chez les populations à risque. Ils ne remplacent pas la supplémentation médicale lorsque celle-ci est nécessaire.

Dr. Dominique HOLCMAN
Médecin généraliste
Médecin généraliste depuis plus de 30 ans, le Dr. Holcman est partenaire et rédacteur chez Biloba. Engagé dans des actions humanitaires, il met son expertise au service de tous, avec une attention particulière portée à l'écoute, à la prévention et à l'accès aux soins.
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