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Chlamydia trachomatis

Publié le 
May 26, 2026
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  1. Chlamydia trachomatis est une bactérie responsable de l'infection sexuellement transmissible (IST) la plus fréquente, souvent sans aucun symptôme.
  2. Non traitée, elle peut entraîner des complications graves comme une infertilité, notamment chez la femme, en endommageant les trompes de Fallope.
  3. Elle peut être transmise de la mère à l'enfant lors de l'accouchement, provoquant des conjonctivites ou des pneumopathies chez le nouveau-né.
  4. Le dépistage est simple, indolore (auto-prélèvement vaginal ou test urinaire) et crucial pour casser les chaînes de transmission.
  5. Le traitement par antibiotiques est très efficace, mais il est impératif de traiter également le ou les partenaires pour éviter une réinfection.

Qu'est-ce que Chlamydia trachomatis ?

Derrière ce nom un peu complexe se cache une bactérie très répandue, responsable de l'infection sexuellement transmissible (IST) la plus fréquente en France et dans de nombreux pays. Chlamydia trachomatis est un agent pathogène insidieux, car l'infection qu'elle provoque est souvent "silencieuse", c'est-à-dire sans aucun symptôme visible. C'est cette discrétion qui la rend particulièrement problématique : une personne peut être porteuse et la transmettre sans même le savoir. Comprendre son fonctionnement est la première étape pour s'en protéger efficacement et éviter ses complications, qui peuvent être sérieuses, notamment pour la fertilité et pour les nouveau-nés.

Une bactérie qui a besoin de nos cellules pour vivre

Chlamydia trachomatis n'est pas une bactérie comme les autres. On la qualifie de "bactérie intracellulaire obligatoire". Ce terme technique signifie simplement qu'elle est incapable de survivre et de se multiplier seule. Pour le faire, elle doit obligatoirement pénétrer à l'intérieur des cellules de notre corps. Elle cible principalement les cellules des muqueuses génitales (col de l'utérus, urètre), rectales, pharyngées (gorge) et oculaires (conjonctive de l'œil). Une fois à l'intérieur, elle pirate la machinerie de la cellule pour se reproduire, avant de faire éclater la cellule pour en infecter de nouvelles. Ce cycle discret explique pourquoi l'infection peut persister longtemps sans provoquer de réaction inflammatoire majeure ni de symptômes évidents.

Différents visages pour une même bactérie

Il n'existe pas une seule Chlamydia trachomatis, mais plusieurs sous-types, appelés "sérotypes" ou "sérovariants". Les scientifiques les classent avec des lettres. Selon le sérotype, la bactérie ne va pas provoquer la même maladie :

  • Les sérotypes D à K sont les plus courants. Ils sont responsables des infections urogénitales classiques, qui sont les IST que nous connaissons le mieux. Ils peuvent aussi causer des conjonctivites chez l'adulte et le nouveau-né.
  • Les sérotypes A, B, et C sont la cause du trachome, une infection oculaire grave qui est l'une des principales causes de cécité évitable dans le monde, surtout dans les régions où l'hygiène et l'accès à l'eau sont précaires.
  • Les sérotypes L1, L2, et L3 provoquent la lymphogranulomatose vénérienne (LGV), une forme d'IST plus agressive et invasive, qui affecte les tissus plus en profondeur et les ganglions lymphatiques.

Quelles sont les maladies provoquées par Chlamydia trachomatis ?

La nature silencieuse de l'infection ne doit pas faire oublier la gravité potentielle de ses conséquences si elle n'est pas diagnostiquée et traitée à temps.

L'infection génitale : la plus fréquente et la plus discrète

C'est la manifestation la plus commune. On estime que plus de 70% des femmes et 50% des hommes infectés ne présentent aucun symptôme.

Chez la femme, lorsque des symptômes apparaissent, ils sont souvent peu spécifiques et peuvent inclure :

  • Des pertes vaginales anormales.
  • Des saignements entre les règles ou après un rapport sexuel.
  • Des douleurs dans le bas du ventre.
  • Une sensation de brûlure en urinant (similaire à une cystite).

Le vrai danger réside dans les complications. La bactérie peut remonter du col de l'utérus vers l'utérus et les trompes de Fallope, provoquant une salpingite (infection des trompes). Cette infection peut entraîner une maladie inflammatoire pelvienne (MIP), avec des douleurs chroniques, un risque accru de grossesse extra-utérine et, dans près de 15% des cas non traités, une infertilité par obstruction des trompes.

Chez l'homme, les symptômes sont un peu plus fréquents et se manifestent généralement par :

  • Un écoulement clair par le pénis (la "goutte matinale").
  • Des brûlures ou des démangeaisons en urinant.
  • Plus rarement, une douleur ou un gonflement au niveau d'un testicule (orchi-épididymite).

Même si les complications de fertilité sont plus rares chez l'homme, l'infection non traitée peut causer une inflammation chronique de l'urètre ou de la prostate.

L'infection chez la femme enceinte et le nouveau-né

C'est une préoccupation majeure pour nous, professionnels de la pédiatrie. Une femme enceinte infectée par Chlamydia trachomatis peut transmettre la bactérie à son bébé lors de l'accouchement par voie basse. Le dépistage est donc systématiquement recommandé en début de grossesse.

Les conséquences pour le nouveau-né peuvent être :

  • La conjonctivite néonatale : Elle apparaît généralement entre 5 et 14 jours après la naissance. Les yeux du bébé sont rouges, gonflés, et présentent un écoulement purulent. Sans traitement, elle peut endommager la cornée.
  • La pneumopathie du nourrisson : Plus tardive (entre 1 et 3 mois), elle se manifeste par une toux sèche, quinteuse et progressive, ainsi que des difficultés respiratoires. Elle ne provoque généralement pas de fièvre, ce qui peut retarder le diagnostic.

Ces infections se traitent bien avec des antibiotiques adaptés au nourrisson, mais il est essentiel de les diagnostiquer rapidement.

Comment se transmet l'infection ?

Le mode de transmission dépend du type d'infection. Pour les formes les plus courantes en France (infections génitales et LGV), la transmission est quasi exclusivement sexuelle.

  • Par contact sexuel non protégé : vaginal, anal ou oral, avec une personne infectée, même si celle-ci n'a aucun symptôme. Le préservatif est la seule protection efficace.
  • De la mère à l'enfant : lors de l'accouchement, par contact direct avec les sécrétions vaginales infectées.

Il est important de noter que Chlamydia trachomatis ne se transmet pas par les baisers, les toilettes, les piscines ou le partage de couverts. La bactérie est fragile et ne survit pas longtemps en dehors des cellules humaines.

Le diagnostic : un dépistage simple et essentiel

Étant donné la nature souvent asymptomatique de l'infection, le dépistage est la pierre angulaire de la lutte contre Chlamydia trachomatis. La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande un dépistage annuel pour toutes les femmes sexuellement actives de 15 à 25 ans, ainsi que pour les hommes présentant des facteurs de risque (partenaires multiples, etc.). Un dépistage est également proposé en début de grossesse.

Comment se déroule le test ?

Le diagnostic est aujourd'hui très simple et indolore. Il repose sur des tests de biologie moléculaire (appelés TAAN ou PCR) qui recherchent l'ADN de la bactérie. Ces tests sont extrêmement sensibles et fiables.

  • Chez la femme : le prélèvement le plus efficace est un auto-prélèvement vaginal. Il s'agit simplement de passer un petit écouvillon (sorte de grand coton-tige) à l'intérieur du vagin. C'est un geste simple, rapide et que l'on peut faire soi-même en toute intimité. Un prélèvement urinaire est possible mais légèrement moins sensible.
  • Chez l'homme : un simple échantillon d'urine (le premier jet du matin) est suffisant pour le test.

En cas de pratiques sexuelles à risque, des prélèvements peuvent aussi être effectués au niveau de la gorge ou de l'anus. Pour le nouveau-né, le prélèvement se fait sur la conjonctive de l'œil ou dans le nez.

Prévention et traitement : des solutions efficaces existent

La bonne nouvelle est que l'infection à Chlamydia trachomatis se prévient bien et se traite très efficacement.

La prévention avant tout

La meilleure stratégie reste la prévention. Elle repose sur trois piliers :

  1. Le préservatif : son utilisation systématique lors de chaque rapport sexuel (vaginal, anal, oral) est le moyen le plus efficace de se protéger et de protéger ses partenaires.
  2. Le dépistage régulier : se faire tester une fois par an si l'on a moins de 25 ans, ou à chaque changement de partenaire, permet de casser les chaînes de transmission.
  3. Le traitement des partenaires : si un diagnostic est posé, il est impératif de prévenir son ou ses partenaires récents afin qu'ils se fassent dépister et traiter également, même s'ils n'ont aucun symptôme. C'est essentiel pour éviter de se réinfecter mutuellement.

Un traitement antibiotique simple et rapide

L'infection se traite par des antibiotiques prescrits par un médecin. Le traitement est généralement court et très efficace. Il peut s'agir d'une dose unique (traitement "minute") ou d'un traitement sur plusieurs jours (par exemple, 7 jours). Il est crucial de suivre la prescription à la lettre et de prendre toutes les doses, même si les éventuels symptômes disparaissent avant la fin.

Pendant la durée du traitement et la semaine qui suit, il est recommandé de s'abstenir de tout rapport sexuel pour éviter la transmission et garantir une guérison complète. Un test de contrôle peut être proposé quelques semaines après la fin du traitement pour vérifier que l'infection a bien été éliminée.

Cet article a pour but de vous informer. Il ne remplace en aucun cas une consultation médicale. Si vous avez des questions, des symptômes ou si vous souhaitez un conseil personnalisé, n'hésitez pas à consulter un professionnel de santé. L'équipe médicale de Biloba est à votre disposition pour répondre à vos interrogations. En cas de symptômes sévères comme une forte douleur dans le bas du ventre accompagnée de fièvre, contactez immédiatement les services d'urgence en composant le 15 ou le 112.

Questions fréquentes

Une fois traitée, l'infection à Chlamydia peut-elle revenir ?

Oui, absolument. Le traitement antibiotique élimine l'infection en cours, mais il ne vous protège pas contre une future infection. Si vous avez un rapport non protégé avec un partenaire infecté (qui n'a pas été traité ou un nouveau partenaire), vous pouvez être infecté(e) à nouveau. C'est pourquoi le traitement simultané des partenaires est si important.

Suis-je immunisé(e) après avoir eu la Chlamydia une première fois ?

Non. Contrairement à certaines maladies virales comme la varicelle, le corps ne développe pas une immunité protectrice durable contre Chlamydia trachomatis. Il est donc tout à fait possible d'être infecté plusieurs fois au cours de sa vie. La prévention reste donc essentielle à chaque étape.

Mon nouveau-né a les yeux qui coulent, est-ce forcément la Chlamydia ?

Non, pas forcément. La conjonctivite du nouveau-né peut avoir de multiples causes : une autre bactérie, un virus, ou simplement une obstruction du canal lacrymal (le canal qui évacue les larmes). Cependant, une conjonctivite qui apparaît dans les deux premières semaines de vie doit toujours faire l'objet d'une consultation médicale rapide pour écarter ou confirmer une infection à Chlamydia ou à d'autres germes, et mettre en place le traitement adéquat.

Le test de dépistage de la Chlamydia est-il douloureux ?

Non, le test est généralement indolore. Pour les femmes, l'auto-prélèvement vaginal est un geste très simple qui ne cause aucune douleur. Il est bien plus confortable qu'un examen gynécologique classique avec un spéculum. Pour les hommes, il s'agit simplement de faire pipi dans un flacon. C'est donc un dépistage très facile d'accès et non invasif.

Dois-je me faire traiter si je n'ai aucun symptôme ?

Oui, c'est indispensable. Même en l'absence de symptômes, la bactérie est présente, active, et vous pouvez la transmettre à vos partenaires. De plus, les complications graves (comme l'infertilité chez la femme) se développent de manière silencieuse sur le long terme. Le traitement est donc nécessaire pour vous protéger, protéger les autres et préserver votre santé future.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Une fois traitée, l'infection à Chlamydia peut-elle revenir ?

Oui, absolument. Le traitement antibiotique élimine l'infection en cours, mais il ne vous protège pas contre une future infection. Si vous avez un rapport non protégé avec un partenaire infecté (qui n'a pas été traité ou un nouveau partenaire), vous pouvez être infecté(e) à nouveau. C'est pourquoi le traitement simultané des partenaires est si important.

Suis-je immunisé(e) après avoir eu la Chlamydia une première fois ?

Non. Contrairement à certaines maladies virales comme la varicelle, le corps ne développe pas une immunité protectrice durable contre Chlamydia trachomatis. Il est donc tout à fait possible d'être infecté plusieurs fois au cours de sa vie. La prévention reste donc essentielle à chaque étape.

Mon nouveau-né a les yeux qui coulent, est-ce forcément la Chlamydia ?

Non, pas forcément. La conjonctivite du nouveau-né peut avoir de multiples causes : une autre bactérie, un virus, ou simplement une obstruction du canal lacrymal (le canal qui évacue les larmes). Cependant, une conjonctivite qui apparaît dans les deux premières semaines de vie doit toujours faire l'objet d'une consultation médicale rapide pour écarter ou confirmer une infection à Chlamydia ou à d'autres germes, et mettre en place le traitement adéquat.

Le test de dépistage de la Chlamydia est-il douloureux ?

Non, le test est généralement indolore. Pour les femmes, l'auto-prélèvement vaginal est un geste très simple qui ne cause aucune douleur. Il est bien plus confortable qu'un examen gynécologique classique avec un spéculum. Pour les hommes, il s'agit simplement de faire pipi dans un flacon. C'est donc un dépistage très facile d'accès et non invasif.

Dois-je me faire traiter si je n'ai aucun symptôme ?

Oui, c'est indispensable. Même en l'absence de symptômes, la bactérie est présente, active, et vous pouvez la transmettre à vos partenaires. De plus, les complications graves (comme l'infertilité chez la femme) se développent de manière silencieuse sur le long terme. Le traitement est donc nécessaire pour vous protéger, protéger les autres et préserver votre santé future.

Dr. Dominique HOLCMAN
Médecin généraliste
Médecin généraliste depuis plus de 30 ans, le Dr. Holcman est partenaire et rédacteur chez Biloba. Engagé dans des actions humanitaires, il met son expertise au service de tous, avec une attention particulière portée à l'écoute, à la prévention et à l'accès aux soins.
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