- Le glucagon est un traitement d'urgence pour l'hypoglycémie sévère, lorsque la personne ne peut plus se resucrer seule.
- Il agit en ordonnant au foie de libérer ses réserves de sucre (glucose) dans le sang.
- La forme nasale est un dispositif prêt à l'emploi, simple et rapide à administrer dans une narine, même si la personne est inconsciente.
- Après administration, il faut toujours appeler les secours (15 ou 112) et donner du sucre à la personne dès son réveil.
- Les effets secondaires les plus courants sont les nausées, vomissements et une irritation nasale passagère.
Qu'est-ce que le glucagon et quand l'utiliser ?
Le glucagon est une hormone naturellement produite par votre corps, plus précisément par le pancréas. Son rôle est l'exact opposé de celui de l'insuline. Tandis que l'insuline aide à faire baisser le taux de sucre dans le sang (la glycémie), le glucagon, lui, le fait monter. Il agit comme une clé de secours, ordonnant au foie de libérer ses réserves de sucre (appelées glycogène) dans la circulation sanguine. Ce mécanisme est vital pour maintenir l'équilibre de votre glycémie.
En médecine, le glucagon est utilisé comme traitement d'urgence pour une situation bien précise : l'hypoglycémie sévère. On parle d'hypoglycémie lorsque le taux de sucre dans le sang chute trop bas. Une hypoglycémie est considérée comme sévère lorsque la personne n'est plus en état de s'aider elle-même. Ses capacités cognitives sont altérées, elle peut être confuse, désorientée, incapable d'avaler de la nourriture ou une boisson sucrée, voire perdre connaissance ou convulser.
Cette situation survient le plus souvent chez les personnes atteintes de diabète (principalement de type 1, mais aussi de type 2) traitées par insuline ou par certains médicaments qui stimulent la production d'insuline. Un dosage d'insuline inadapté, un repas sauté ou un effort physique intense et non anticipé peuvent en être la cause. Dans ces moments critiques, la personne ne peut pas se "resucrer" par voie orale. C'est là que le glucagon devient un traitement vital, administré par une autre personne (un proche, un collègue, un personnel scolaire, un secouriste).
La révolution du glucagon nasal
Pendant de nombreuses années, le glucagon n'était disponible que sous forme de kit injectable. Ce dernier nécessitait une reconstitution (mélanger une poudre et un liquide) avant l'injection, une manipulation qui pouvait être source de stress et d'erreur pour un proche non professionnel de santé en pleine situation d'urgence. Heureusement, une nouvelle forme a simplifié radicalement son utilisation : le glucagon en poudre pour administration nasale. Présenté dans un dispositif prêt à l'emploi, il rend l'administration beaucoup plus simple, rapide et intuitive, même pour une personne n'ayant jamais été formée.
Comment le glucagon agit-il pour corriger une hypoglycémie ?
Pour comprendre l'action du glucagon, imaginez votre foie comme une grande réserve d'énergie, un "entrepôt à sucre". Ce sucre est stocké sous une forme compacte appelée le glycogène.
Au quotidien, l'insuline agit comme le responsable de l'entrepôt : lorsque vous mangez et que votre glycémie augmente, l'insuline donne l'ordre au foie de prendre le sucre en excès dans le sang et de le stocker sous forme de glycogène. Cela permet de faire baisser la glycémie à un niveau normal.
Le glucagon, lui, est le responsable de la "sortie des stocks". Lorsque votre glycémie baisse (parce que vous êtes à jeun ou que vous faites du sport), votre pancréas libère du glucagon. Cette hormone se fixe sur des récepteurs spécifiques à la surface des cellules du foie et leur donne un ordre simple et urgent : "Déstockez ! Transformez le glycogène en glucose et libérez-le immédiatement dans le sang !".
Le glucagon administré comme médicament fait exactement la même chose. En cas d'hypoglycémie sévère, où le cerveau est en manque critique de sucre, l'administration de glucagon (par voie nasale ou injectable) envoie un signal massif et rapide au foie pour qu'il libère ses réserves. Le taux de sucre dans le sang remonte alors en quelques minutes (généralement 10 à 15 minutes), permettant à la personne de reprendre connaissance et de sortir de la zone de danger.
Il est important de noter que l'efficacité du glucagon dépend de la présence de réserves de sucre dans le foie. Si ces réserves sont vides (par exemple, après un jeûne prolongé, en cas de dénutrition ou d'insuffisance surrénalienne), le glucagon sera beaucoup moins efficace, voire inefficace.
Administration du glucagon par voie nasale : un geste qui sauve
L'un des plus grands avantages du glucagon nasal est sa simplicité d'utilisation, conçue pour des situations de stress intense. Le dispositif est à usage unique et contient une dose standard fixe (généralement 3 mg), adaptée aux adultes et aux enfants de 4 ans et plus. Voici les étapes à suivre, qui sont généralement très bien expliquées sur l'emballage du produit.
Les étapes de l'administration
- Restez calme et sécurisez la personne : Si la personne est agitée ou convulse, écartez les objets dangereux autour d'elle et placez-la si possible en position latérale de sécurité (sur le côté) pour dégager ses voies respiratoires.
- Sortez le dispositif : Ouvrez l'emballage (souvent un tube en plastique scellé) et sortez l'applicateur nasal. Ne le testez pas avant utilisation, il ne contient qu'une seule dose.
- Positionnez l'applicateur : Tenez le dispositif entre vos doigts et votre pouce. Insérez doucement l'embout dans l'une des narines de la personne jusqu'à ce que vos doigts touchent son nez. Il n'est pas nécessaire que la personne respire ou inhale.
- Appuyez sur le piston : Appuyez fermement sur le piston situé à l'extrémité du dispositif. Vous entendrez peut-être un clic. La dose est alors entièrement administrée. La poudre est absorbée par la muqueuse nasale.
Que faire juste après l'administration ?
- Appelez les secours : Même si vous avez administré le glucagon, appelez immédiatement les services d'urgence (le 15 ou le 112). Une hypoglycémie sévère est une urgence médicale. Les secours pourront prendre le relais et s'assurer que la personne est stable.
- Surveillez la personne : Restez auprès d'elle. La reprise de conscience survient habituellement en 10 à 15 minutes.
- Donnez du sucre dès le réveil : Dès que la personne est suffisamment consciente pour avaler sans risque de fausse route, donnez-lui une source de sucre rapide (15g de glucides) : 3 morceaux de sucre, un verre de jus de fruits ou de soda (non light), une cuillère de confiture ou de miel.
- Complétez avec des sucres lents : Le glucagon a vidé une partie des réserves du foie. Pour éviter une nouvelle hypoglycémie, il est crucial de donner ensuite une collation contenant des sucres lents (glucides complexes) comme un morceau de pain, des biscuits, un fruit ou le repas qui était prévu.
Effets indésirables et contre-indications
Comme tout médicament, le glucagon peut provoquer des effets secondaires, bien que ceux-ci soient généralement modérés et passagers face au bénéfice vital qu'il apporte.
Effets indésirables fréquents
Les effets les plus courants sont liés à son mode d'action et à son administration :
- Nausées et vomissements : C'est l'effet secondaire le plus fréquent. La remontée rapide de la glycémie et l'action du glucagon sur le système digestif peuvent provoquer un inconfort gastrique. C'est aussi pour cela qu'il est important de placer la personne sur le côté, pour éviter qu'elle n'inhale son vomi si elle est inconsciente.
- Maux de tête : Peuvent survenir après l'épisode d'hypoglycémie et l'administration du traitement.
- Irritation locale (pour la forme nasale) : Une gêne dans le nez ou la gorge, des éternuements, un nez qui coule ou des yeux qui larmoient peuvent survenir. Ces symptômes sont généralement légers et de courte durée.
Contre-indications à connaître
Le glucagon ne doit jamais être utilisé dans certaines situations très spécifiques :
- Phéochromocytome : Il s'agit d'une tumeur rare de la glande surrénale. Le glucagon pourrait provoquer chez ces patients une libération massive d'adrénaline, entraînant une crise d'hypertension artérielle très dangereuse.
- Insulinome : C'est une tumeur, également rare, du pancréas qui produit de l'insuline en excès. L'administration de glucagon pourrait d'abord augmenter la glycémie, mais ensuite stimuler la tumeur à libérer encore plus d'insuline, aggravant l'hypoglycémie par la suite.
- Allergie connue : En cas d'hypersensibilité connue au glucagon ou à l'un des autres composants du produit.
Précautions d'emploi et interactions
Quelques précautions sont à observer :
- Grossesse et allaitement : Le glucagon peut être utilisé pendant la grossesse et l'allaitement si nécessaire. Il ne traverse pas le placenta en quantités significatives et n'est pas absorbé dans le lait maternel. Discutez-en néanmoins avec votre médecin.
- Interactions médicamenteuses : Le glucagon peut interagir avec certains médicaments. Par exemple, son effet sur la glycémie peut être diminué par l'indométacine (un anti-inflammatoire), et il peut augmenter l'effet des anticoagulants comme la warfarine. Les bêtabloquants (utilisés pour le cœur ou l'hypertension) peuvent aussi modifier la réponse du corps. Informez toujours votre médecin de l'ensemble de vos traitements.
- Conservation : Un avantage majeur du glucagon nasal est qu'il se conserve à température ambiante (ne dépassant pas 30°C), dans son emballage d'origine pour le protéger de l'humidité. Il n'a pas besoin d'être mis au réfrigérateur, ce qui permet de l'avoir toujours sur soi.
Cet article ne remplace en aucun cas un avis médical. Les informations fournies sont destinées à informer et à rassurer, mais chaque situation est unique. Pour toute question concernant votre santé ou celle de votre enfant, n'hésitez pas à consulter un professionnel de santé. Les équipes médicales de Biloba sont à votre disposition pour une téléconsultation. En cas de signes d'hypoglycémie sévère (perte de connaissance, convulsions), administrez le glucagon si vous en avez et appelez immédiatement le 15 ou le 112.
Questions fréquentes
Le glucagon nasal est-il aussi efficace que l'ancienne injection ?
Oui. Les études cliniques ont démontré que le glucagon administré par voie nasale est aussi efficace que le glucagon injectable pour faire remonter la glycémie et permettre à une personne de reprendre conscience lors d'une hypoglycémie sévère. Son immense avantage réside dans sa facilité et sa rapidité d'administration, qui éliminent le risque d'erreur lié à la préparation d'une injection en situation de stress.
Puis-je utiliser le glucagon si la personne est inconsciente ?
Absolument. Le glucagon est spécifiquement conçu pour cette situation. La personne n'a pas besoin d'être consciente, de coopérer ou même d'inhaler activement le produit. La poudre est pulvérisée dans la narine et absorbée passivement par la muqueuse nasale, qui est riche en vaisseaux sanguins.
Que faire si le glucagon ne semble pas fonctionner après 15 minutes ?
C'est la raison pour laquelle il est impératif d'appeler les services d'urgence (15 ou 112) immédiatement après avoir administré le produit. Si la personne ne reprend pas connaissance après 15 minutes, il est possible que les réserves de sucre de son foie aient été trop basses pour que le glucagon soit efficace. Les secours qui sont en route pourront alors administrer du glucose directement par voie intraveineuse. Ne donnez jamais une deuxième dose de glucagon sans avis médical.
Mon enfant a un rhume. Le spray nasal fonctionnera-t-il quand même ?
Oui. Le fabricant a étudié cette situation. L'efficacité du glucagon nasal n'est pas diminuée de manière significative par un rhume ou l'utilisation de décongestionnants nasaux. La surface d'absorption dans la cavité nasale est suffisamment grande pour que le produit agisse correctement même en cas de congestion.
Dois-je conserver le glucagon au réfrigérateur ?
Non, et c'est un avantage pratique considérable. Contrairement à certains anciens kits injectables, le glucagon nasal en poudre (comme le BAQSIMI®) se conserve à température ambiante, jusqu'à 30°C. Il doit rester dans son tube de protection scellé jusqu'à son utilisation. Cela permet à la personne diabétique ou à ses proches de le transporter facilement dans un sac, une trousse de secours ou de le laisser à l'école ou au travail.
Questions fréquentes
Le glucagon nasal est-il aussi efficace que l'ancienne injection ?
Oui. Les études cliniques ont démontré que le glucagon administré par voie nasale est aussi efficace que le glucagon injectable pour faire remonter la glycémie et permettre à une personne de reprendre conscience lors d'une hypoglycémie sévère. Son immense avantage réside dans sa facilité et sa rapidité d'administration, qui éliminent le risque d'erreur lié à la préparation d'une injection en situation de stress.
Puis-je utiliser le glucagon si la personne est inconsciente ?
Absolument. Le glucagon est spécifiquement conçu pour cette situation. La personne n'a pas besoin d'être consciente, de coopérer ou même d'inhaler activement le produit. La poudre est pulvérisée dans la narine et absorbée passivement par la muqueuse nasale, qui est riche en vaisseaux sanguins.
Que faire si le glucagon ne semble pas fonctionner après 15 minutes ?
C'est la raison pour laquelle il est impératif d'appeler les services d'urgence (15 ou 112) immédiatement après avoir administré le produit. Si la personne ne reprend pas connaissance après 15 minutes, il est possible que les réserves de sucre de son foie aient été trop basses pour que le glucagon soit efficace. Les secours qui sont en route pourront alors administrer du glucose directement par voie intraveineuse. Ne donnez jamais une deuxième dose de glucagon sans avis médical.
Mon enfant a un rhume. Le spray nasal fonctionnera-t-il quand même ?
Oui. Le fabricant a étudié cette situation. L'efficacité du glucagon nasal n'est pas diminuée de manière significative par un rhume ou l'utilisation de décongestionnants nasaux. La surface d'absorption dans la cavité nasale est suffisamment grande pour que le produit agisse correctement même en cas de congestion.
Dois-je conserver le glucagon au réfrigérateur ?
Non, et c'est un avantage pratique considérable. Contrairement à certains anciens kits injectables, le glucagon nasal en poudre (comme le BAQSIMI®) se conserve à température ambiante, jusqu'à 30°C. Il doit rester dans son tube de protection scellé jusqu'à son utilisation. Cela permet à la personne diabétique ou à ses proches de le transporter facilement dans un sac, une trousse de secours ou de le laisser à l'école ou au travail.

