protéine

Publié le 
May 26, 2026
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  1. La protéinurie est la présence anormale de protéines dans les urines, souvent découverte par une simple bandelette urinaire.
  2. Elle est fréquemment bénigne et temporaire, causée par la fièvre, un effort physique ou une particularité posturale (protéinurie orthostatique).
  3. Une protéinurie persistante nécessite toujours des examens complémentaires pour en identifier la cause, qui peut être liée aux reins ou à une autre maladie (diabète, hypertension).
  4. L'apparition de symptômes comme des urines mousseuses ou des gonflements (œdèmes), surtout au visage chez l'enfant, doit motiver une consultation rapide.
  5. Le traitement ne vise pas la protéinurie elle-même mais sa cause sous-jacente, identifiée par le médecin.

Qu'est-ce que la protéinurie ?

La découverte de protéines dans les urines, un phénomène médicalement appelé protéinurie, est une situation qui peut légitimement vous inquiéter, surtout lorsqu'il s'agit de votre enfant. Rassurez-vous, cette anomalie est fréquente et souvent sans gravité. Cependant, elle mérite toujours une attention médicale pour en comprendre l'origine. Cet article a pour but de vous éclairer sur ce qu'est la protéinurie, ses causes, et la manière dont elle est explorée.

Le rôle essentiel des reins et des protéines

Pour bien comprendre la protéinurie, il faut d'abord se pencher sur le rôle de deux acteurs clés : les reins et les protéines.

  • Les protéines : Ce sont les "briques" de notre organisme. Elles sont indispensables à la construction des muscles, des os, de la peau, et participent à d'innombrables processus vitaux comme la défense immunitaire ou le transport de l'oxygène. L'albumine est la protéine la plus abondante dans le sang.
  • Les reins : Ces deux organes en forme de haricot agissent comme une station de filtration extrêmement perfectionnée. Chaque jour, ils filtrent environ 180 litres de sang pour en éliminer les déchets (comme l'urée) qui seront évacués dans l'urine. En même temps, ils retiennent précieusement les éléments utiles à l'organisme, notamment les protéines, qui sont trop grosses pour passer à travers leurs filtres microscopiques, les glomérules.

Normalement, seule une quantité infime de protéines de petite taille peut se retrouver dans les urines. La protéinurie survient lorsque cette barrière de filtration rénale devient plus perméable et laisse passer une quantité anormale de protéines du sang vers l'urine.

Définir et mesurer la protéinurie

On parle de protéinurie lorsque la concentration de protéines dans les urines dépasse un certain seuil. Chez l'adulte, ce seuil est généralement fixé à 150 milligrammes par 24 heures. Chez l'enfant, les valeurs sont adaptées à sa surface corporelle, mais le principe reste le même. La protéinurie peut être classée selon son abondance :

  • Microalbuminurie : Une fuite légère d'albumine, souvent un signe précoce d'atteinte rénale, notamment dans le cadre du diabète.
  • Protéinurie modérée : Une fuite plus significative.
  • Protéinurie massive (ou de rang néphrotique) : Une fuite très importante de protéines, qui peut avoir des conséquences sur tout l'organisme.

Il est crucial de comprendre que la protéinurie n'est pas une maladie en soi, mais le signe d'une situation sous-jacente qui peut être totalement bénigne ou le symptôme d'une pathologie à identifier.

Quelles sont les causes des protéines dans les urines ?

Les causes de la protéinurie sont très variées. L'équipe médicale s'attache d'abord à distinguer les causes transitoires et bénignes des causes persistantes qui nécessitent une investigation plus poussée.

Les causes bénignes et transitoires

Dans de nombreux cas, la protéinurie est temporaire et ne traduit aucune maladie rénale. Elle disparaît une fois le facteur déclenchant éliminé. C'est le scénario le plus fréquent, surtout chez les enfants et les adolescents.

  • La protéinurie orthostatique (ou posturale) : C'est la cause la plus courante de protéinurie persistante mais bénigne chez les enfants et les jeunes adultes. Elle a la particularité de n'apparaître qu'en position debout et de disparaître complètement en position allongée (pendant la nuit). Le mécanisme n'est pas totalement élucidé, mais il serait lié à des changements de pression dans les veines rénales en position verticale. Elle n'a aucune conséquence sur la santé et ne nécessite aucun traitement.
  • La fièvre : Un épisode de fièvre élevée peut temporairement augmenter la perméabilité des filtres rénaux et provoquer une protéinurie.
  • L'exercice physique intense : Un effort sportif soutenu peut également entraîner une fuite passagère de protéines.
  • Le stress ou le froid : Des situations de stress important ou une exposition au froid peuvent être des facteurs déclenchants.
  • La déshydratation : Des urines très concentrées peuvent faussement sembler riches en protéines.

Les causes rénales (liées aux reins)

Lorsque la protéinurie est persistante et ne s'explique pas par les situations ci-dessus, une origine rénale est recherchée. La fuite de protéines est alors le signe d'une atteinte des glomérules, les unités de filtration du rein.

  • Le syndrome néphrotique : C'est une cause majeure de protéinurie massive chez l'enfant. Il s'agit d'un ensemble de symptômes (syndrome) causés par une très grande perméabilité des glomérules. La fuite de protéines est si importante que leur niveau dans le sang diminue, provoquant des gonflements (œdèmes), notamment au niveau du visage et des chevilles.
  • La glomérulonéphrite : Ce terme désigne une inflammation des glomérules. Elle peut survenir après une infection (par exemple, une angine à streptocoques) ou être liée à une maladie auto-immune où le corps attaque ses propres reins.
  • Les maladies rénales chroniques : Diverses pathologies qui affectent durablement la structure et la fonction des reins peuvent se manifester par une protéinurie.
  • Les malformations rénales ou les maladies génétiques : Plus rarement, des anomalies congénitales peuvent être en cause.

Les causes non rénales (systémiques)

Parfois, les reins sont "victimes" d'une maladie qui affecte l'ensemble de l'organisme.

  • Le diabète : C'est l'une des principales causes de maladie rénale chronique et de protéinurie chez l'adulte. Un taux de sucre élevé dans le sang endommage progressivement les petits vaisseaux des reins.
  • L'hypertension artérielle : Une pression artérielle trop élevée abîme les artères des reins et peut provoquer une fuite de protéines.
  • La pré-éclampsie : Chez la femme enceinte, l'apparition d'une protéinurie associée à une hypertension artérielle doit faire suspecter cette complication sérieuse de la grossesse.
  • Certaines infections, maladies auto-immunes (comme le lupus) ou cancers.

Quels sont les symptômes associés à la protéinurie ?

Le plus souvent, une protéinurie légère ou modérée est totalement asymptomatique. Elle est découverte de manière fortuite lors d'une analyse d'urine de routine (visite médicale scolaire, bilan pré-opératoire, suivi de grossesse...).

Cependant, lorsque la fuite de protéines est importante, des symptômes peuvent apparaître. Ils ne sont pas dus à la protéinurie elle-même, mais à la baisse du taux de protéines dans le sang et à la maladie sous-jacente.

  • Des urines mousseuses : C'est un signe classique. La présence de protéines, comme l'albumine, agit comme un tensioactif (similaire au savon) et fait mousser l'urine de manière persistante.
  • Des œdèmes (gonflements) : C'est le symptôme le plus évocateur. Les protéines dans le sang aident à retenir l'eau dans les vaisseaux. Quand elles fuient dans les urines, leur concentration sanguine diminue et l'eau s'échappe dans les tissus. Ces gonflements apparaissent typiquement :
    • Au niveau des paupières et du visage le matin au réveil (surtout chez l'enfant).
    • Au niveau des chevilles et des jambes en fin de journée.
    • Plus rarement, un gonflement de l'abdomen (ascite) ou des organes génitaux.
  • Une prise de poids rapide et inexpliquée : Elle est directement liée à la rétention d'eau.
  • Une fatigue anormale, une perte d'appétit.
  • Une pression artérielle élevée.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Conformément aux recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS), la découverte d'une protéinurie doit faire l'objet d'une exploration méthodique pour en déterminer la cause et la signification.

La bandelette urinaire

C'est le premier outil de dépistage, simple et rapide. Le médecin ou l'infirmière trempe une petite bandelette réactive dans un échantillon d'urine. La couleur de la pastille change en fonction de la quantité de protéines présentes. Le résultat est souvent rendu en "croix" (trace, +, ++, +++). C'est un excellent test de dépistage, mais il doit toujours être confirmé par une analyse plus précise en laboratoire.

L'analyse d'urine en laboratoire

Si la bandelette est positive, une analyse en laboratoire est indispensable pour quantifier précisément la protéinurie.

  • Le rapport protéines/créatinine sur un échantillon : C'est la méthode la plus utilisée aujourd'hui, surtout chez les enfants, car elle évite la contrainte de la collecte de 24 heures. On mesure la concentration de protéines et de créatinine (un déchet musculaire filtré à un rythme constant par les reins) sur un simple échantillon d'urine. Le rapport entre les deux donne une excellente estimation de la fuite de protéines sur 24 heures.
  • La collecte des urines de 24 heures : C'est l'examen de référence. Il consiste à recueillir la totalité des urines émises pendant 24 heures dans un grand flacon. Bien que contraignant, il permet de mesurer la quantité exacte de protéines perdues sur une journée complète.

Pour diagnostiquer une protéinurie orthostatique, le médecin peut demander deux recueils : un réalisé pendant la nuit (en position couchée) et un autre pendant la journée (en activité).

Les examens complémentaires

En fonction des résultats et du contexte clinique, d'autres examens peuvent être nécessaires pour trouver la cause :

  • Une prise de sang : Elle permet d'évaluer la fonction rénale (dosage de la créatinine sanguine), le taux de protéines dans le sang (albuminémie), et de rechercher des signes d'inflammation ou d'autres anomalies.
  • Une échographie rénale : Cet examen d'imagerie indolore permet de visualiser la taille et la structure des reins et des voies urinaires.
  • Une biopsie rénale : Dans des cas plus complexes, lorsque la cause n'est pas évidente, il peut être nécessaire de prélever un minuscule fragment de rein avec une aiguille fine pour l'analyser au microscope. C'est un examen spécialisé, réalisé à l'hôpital.

Prise en charge et traitements de la protéinurie

Il est essentiel de retenir que l'on ne traite pas la protéinurie elle-même, mais sa cause. La prise en charge dépend donc entièrement du diagnostic posé.

  • Pour une cause bénigne (orthostatique, fièvre...) : Aucune action n'est nécessaire, si ce n'est de rassurer et de contrôler à distance que la protéinurie a bien disparu.
  • Pour une maladie rénale (syndrome néphrotique, glomérulonéphrite...) : Le traitement peut inclure des médicaments pour réduire l'inflammation (comme les corticoïdes), pour contrôler le système immunitaire (immunosuppresseurs) ou pour protéger les reins en diminuant la pression dans les glomérules (inhibiteurs de l'enzyme de conversion ou antagonistes des récepteurs de l'angiotensine II). Un régime pauvre en sel est souvent prescrit pour lutter contre les œdèmes.
  • Pour une cause systémique (diabète, hypertension...) : Le traitement consiste à équilibrer parfaitement la maladie en cause. Un bon contrôle de la glycémie et de la pression artérielle est la pierre angulaire pour protéger les reins et réduire la protéinurie.

Un suivi régulier par un médecin généraliste, un pédiatre ou un néphrologue (le spécialiste des maladies rénales) est indispensable pour surveiller l'évolution et adapter le traitement.

Quand faut-il consulter ?

Toute découverte de protéines sur une bandelette urinaire, même en faible quantité, justifie un avis médical pour confirmer et interpréter le résultat. Ne restez pas avec vos doutes.

Il faut consulter rapidement, voire en urgence, si la protéinurie s'accompagne de symptômes tels que :

  • L'apparition de gonflements (œdèmes), en particulier au niveau du visage de votre enfant le matin.
  • Une prise de poids rapide et inexpliquée.
  • Des urines très mousseuses de façon persistante.
  • Une fatigue intense ou une pâleur.
  • Une diminution de la quantité d'urines.

En cas de signes de gravité comme une difficulté à respirer, une tension artérielle très élevée, des maux de tête intenses ou des troubles de la conscience, contactez immédiatement les services d'urgence en appelant le 15 ou le 112.

Cet article ne remplace en aucun cas un avis médical. Si vous avez des questions ou des inquiétudes concernant votre santé ou celle de votre enfant, les médecins et pédiatres de biloba.com sont disponibles pour vous répondre en téléconsultation.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Mon enfant a des "traces" de protéines sur la bandelette, dois-je m'inquiéter ?

La présence de "traces" ou d'une seule "croix" (+) sur une bandelette est très courante et souvent sans conséquence. Cela peut être dû à des urines très concentrées, à un peu de fièvre ou à une activité physique récente. La première étape est de ne pas paniquer. Votre médecin vous recommandera probablement de refaire le test sur les premières urines du matin, plus concentrées, et à distance de tout épisode fiévreux. Si le résultat persiste, une analyse en laboratoire sera demandée pour quantifier précisément la fuite et orienter le diagnostic. Dans la grande majorité des cas, il s'agit d'une anomalie passagère.

Qu'est-ce que la protéinurie orthostatique ?

La protéinurie orthostatique, ou posturale, est une cause très fréquente de protéinurie chez les adolescents et les jeunes adultes. C'est une condition totalement bénigne caractérisée par la présence de protéines dans les urines uniquement lorsque la personne est en position debout (orthostatique). En position couchée, pendant la nuit, les urines redeviennent normales et ne contiennent pas de protéines. Le diagnostic est confirmé en comparant un échantillon d'urine du matin au réveil et un échantillon de la journée. Cette condition ne traduit aucune maladie rénale, n'évolue jamais vers une insuffisance rénale et ne nécessite ni traitement, ni suivi particulier.

Une urine qui mousse est-elle toujours un signe de protéinurie ?

Pas nécessairement. Une urine peut mousser pour des raisons mécaniques simples : un jet d'urine puissant qui frappe l'eau de la cuvette, ou la présence de produits de nettoyage dans les toilettes. Cependant, si vous remarquez que vos urines ou celles de votre enfant sont constamment mousseuses, avec une mousse qui persiste plusieurs minutes (comme un col de bière), cela peut effectivement être un signe de protéinurie. C'est un symptôme qui mérite d'être signalé à votre médecin afin qu'il puisse prescrire une simple analyse d'urine pour vérifier.

Quel régime alimentaire suivre en cas de protéinurie ?

Il n'existe pas de régime alimentaire "anti-protéinurie" universel, car le régime dépend de la cause. Si la protéinurie est bénigne, aucune modification alimentaire n'est nécessaire. Si elle est liée à une maladie rénale avec des œdèmes ou de l'hypertension, un régime pauvre en sel (hyposodé) sera fondamental pour limiter la rétention d'eau. Dans le cadre d'un diabète, le contrôle strict des apports en sucres est primordial. Une restriction en protéines n'est généralement pas recommandée, surtout chez l'enfant en pleine croissance, sauf dans des cas très spécifiques d'insuffisance rénale avancée et toujours sur avis d'un néphrologue. Suivez toujours les recommandations de votre médecin.

La protéinurie est-elle dangereuse pour les reins ?

La protéinurie n'est pas dangereuse en elle-même, c'est un signal d'alarme. Le danger potentiel vient de la maladie qui en est la cause. Si la cause est bénigne, il n'y a aucun danger. Si la protéinurie est le symptôme d'une maladie rénale active (comme une glomérulonéphrite) ou d'un diabète mal contrôlé, c'est cette maladie qui, si elle n'est pas traitée, peut endommager les reins à long terme. On considère aussi qu'une fuite massive et prolongée de protéines peut, par elle-même, contribuer à la progression des lésions rénales. C'est pourquoi il est si important de diagnostiquer et de traiter la cause pour protéger la fonction des reins.

Dr. Dominique HOLCMAN
Médecin généraliste
Médecin généraliste depuis plus de 30 ans, le Dr. Holcman est partenaire et rédacteur chez Biloba. Engagé dans des actions humanitaires, il met son expertise au service de tous, avec une attention particulière portée à l'écoute, à la prévention et à l'accès aux soins.
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