Infection sexuellement transmissible

Publié le 
May 26, 2026
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  1. Les infections sexuellement transmissibles (IST) sont très fréquentes et peuvent toucher toute personne sexuellement active.
  2. Beaucoup d'IST ne provoquent aucun symptôme, ce qui rend le dépistage régulier indispensable pour se protéger et protéger les autres.
  3. Le préservatif est le moyen le plus efficace pour prévenir la transmission de la majorité des IST.
  4. La plupart des IST se soignent très bien avec un traitement adapté (antibiotiques, antiviraux), surtout si le diagnostic est précoce.
  5. Il est impératif d'avertir et de traiter son ou ses partenaires pour stopper la chaîne de contamination et éviter une réinfection.

Qu'est-ce qu'une infection sexuellement transmissible (IST) ?

Une infection sexuellement transmissible, ou IST (anciennement appelée maladie sexuellement transmissible ou MST), est une infection qui se transmet principalement lors de rapports sexuels non protégés, qu'ils soient vaginaux, anaux ou oraux. Ces infections peuvent être causées par différents types de micro-organismes : des bactéries, des virus ou des parasites.

Il est important de comprendre que n'importe qui ayant une vie sexuelle active peut contracter une IST, quel que soit son âge, son genre ou son orientation sexuelle. Beaucoup de ces infections sont très courantes et, heureusement, la plupart se traitent très bien lorsqu'elles sont diagnostiquées à temps. L'un des enjeux majeurs des IST est que beaucoup d'entre elles peuvent ne provoquer aucun symptôme visible, ce qui favorise leur transmission silencieuse. C'est pourquoi le dépistage régulier est un pilier de la prévention.

Quelles sont les causes et les modes de transmission des IST ?

Les IST sont causées par une trentaine d'agents infectieux différents. On peut les classer en trois grandes familles :

  • Les infections bactériennes : Parmi les plus connues, on trouve la chlamydiose (ou infection à Chlamydia), la gonorrhée (aussi appelée blennorragie ou "chaude-pisse"), la syphilis et l'infection à Mycoplasma genitalium.
  • Les infections virales : Celles-ci incluent le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) qui cause le SIDA, les hépatites B et C, l'herpès génital (causé par les virus Herpes simplex de type 1 et 2), et les infections à papillomavirus humains (HPV), responsables entre autres des verrues génitales (condylomes) et de certains cancers, notamment celui du col de l'utérus.
  • Les infections parasitaires : La plus fréquente est la trichomonase. On peut également citer la gale ou les poux du pubis (morpions), qui se transmettent par contact cutané étroit.

Modes de transmission

Le principal mode de transmission est le contact sexuel direct. Cela inclut :

  • La pénétration vaginale ou anale non protégée.
  • Le sexe oral (fellation, cunnilingus, anulingus).
  • Le simple contact peau à peau au niveau des zones génitales, pour certaines IST comme l'herpès ou le HPV.
  • Le partage de jouets sexuels non nettoyés.

Certaines IST peuvent aussi se transmettre par d'autres voies, bien que plus rares :

  • De la mère à l'enfant : pendant la grossesse, l'accouchement ou l'allaitement (syphilis, VIH, hépatite B, chlamydia).
  • Par le sang : principalement pour le VIH et les hépatites B et C, via le partage de seringues chez les usagers de drogues ou lors de transfusions sanguines non sécurisées (un risque devenu quasi nul dans les pays comme la France).

Quels sont les symptômes courants des IST ?

L'absence de symptômes est très fréquente et constitue un piège majeur. Une personne peut être porteuse d'une IST et la transmettre sans même le savoir. C'est pourquoi le dépistage est si important.

Lorsque des symptômes apparaissent, ils peuvent être très variés selon l'infection. Voici les signes qui doivent vous alerter et vous inciter à consulter :

  • Écoulements anormaux par le vagin, le pénis ou l'anus (de couleur, d'odeur ou de consistance inhabituelles).
  • Brûlures ou douleurs en urinant.
  • Démangeaisons, irritations ou rougeurs au niveau des parties génitales ou de l'anus.
  • Apparition de lésions sur la peau ou les muqueuses : boutons, cloques (vésicules), verrues (condylomes), plaies (ulcérations) ou chancres (souvent indolores pour la syphilis).
  • Douleurs dans le bas-ventre, en particulier chez la femme.
  • Douleurs pendant les rapports sexuels (dyspareunie).
  • Saignements en dehors des règles ou après un rapport sexuel.
  • Ganglions gonflés au niveau de l'aine.
  • Symptômes plus généraux comme de la fièvre, de la fatigue, des maux de gorge ou des éruptions cutanées sur le corps.

Ces symptômes ne sont pas spécifiques aux IST et peuvent avoir d'autres causes, mais leur apparition justifie toujours un avis médical pour poser le bon diagnostic.

Comment diagnostique-t-on une IST ?

Le diagnostic d'une IST repose sur une démarche rigoureuse menée par un professionnel de santé (médecin généraliste, gynécologue, urologue, sage-femme...).

L'interrogatoire et l'examen clinique

La consultation commence par un échange confidentiel sur vos symptômes, vos pratiques sexuelles et vos antécédents. Cet interrogatoire est essentiel pour orienter le diagnostic. Ensuite, un examen clinique peut être nécessaire. Le médecin examinera vos organes génitaux, votre bouche et votre peau à la recherche de signes visibles d'infection.

Les examens biologiques

La confirmation du diagnostic nécessite presque toujours des examens complémentaires :

  • Une analyse d'urine : Un simple échantillon d'urine (le premier jet du matin est souvent recommandé) peut permettre de détecter des bactéries comme Chlamydia et le gonocoque.
  • Un prélèvement local (frottis) : À l'aide d'un écouvillon (sorte de grand coton-tige), le médecin prélève des cellules au niveau du vagin, du col de l'utérus, de l'urètre, de l'anus, de la gorge ou directement sur une lésion. Cet échantillon est ensuite analysé en laboratoire.
  • Une prise de sang : Elle est indispensable pour rechercher des infections comme le VIH, la syphilis et les hépatites B et C.

Ces tests sont fiables et généralement indolores. N'hésitez pas à demander à votre médecin quels tests sont les plus pertinents pour votre situation.

Comment traite-t-on les infections sexuellement transmissibles ?

La grande majorité des IST se soignent efficacement. Le traitement dépend de l'agent infectieux responsable.

  • Pour les IST bactériennes (chlamydia, gonorrhée, syphilis) : Le traitement repose sur des antibiotiques. Il peut s'agir d'une dose unique ("traitement minute") ou d'un traitement sur plusieurs jours. Il est absolument crucial de prendre le traitement jusqu'au bout, même si les symptômes disparaissent avant, pour s'assurer d'éliminer complètement l'infection.
  • Pour les IST virales : Les traitements sont plus complexes. Pour l'herpès ou le VIH, des médicaments antiviraux permettent de contrôler le virus, de réduire les symptômes et de diminuer le risque de transmission, mais ne permettent pas d'éliminer définitivement le virus de l'organisme. Pour les condylomes (HPV), le traitement vise à détruire les verrues (par crème, cryothérapie à l'azote liquide, laser...).
  • Pour les IST parasitaires (trichomonase) : Un traitement antiparasitaire, souvent en dose unique, est très efficace.

Le traitement du ou des partenaires : une étape indispensable

C'est un point fondamental : lorsque le diagnostic d'IST est posé, il est impératif d'en informer votre ou vos partenaires sexuels récents afin qu'ils puissent également se faire dépister et traiter. C'est le seul moyen de briser la chaîne de transmission et d'éviter les réinfections mutuelles. Votre médecin peut vous aider dans cette démarche et vous fournir des ordonnances pour votre partenaire si nécessaire.

Il est également recommandé de s'abstenir de tout rapport sexuel jusqu'à la fin du traitement et la disparition des symptômes, pour vous et votre partenaire.

Évolution, pronostic et complications possibles

Lorsqu'elles sont diagnostiquées et traitées précocement, la plupart des IST bactériennes et parasitaires guérissent sans laisser de séquelles. Le pronostic est donc excellent.

En revanche, une IST non traitée peut entraîner des complications graves et parfois irréversibles :

  • Infertilité : Chez la femme, une infection à Chlamydia ou une gonorrhée non soignée peut remonter vers l'utérus et les trompes de Fallope, provoquant une infection génitale haute (salpingite) qui peut boucher les trompes et causer une stérilité. Chez l'homme, ces infections peuvent aussi affecter la fertilité.
  • Douleurs pelviennes chroniques chez la femme.
  • Grossesse extra-utérine.
  • Complications durant la grossesse : risque d'accouchement prématuré, de fausse couche ou de transmission de l'infection au nouveau-né.
  • Augmentation du risque de transmission du VIH : La présence d'une IST (surtout si elle provoque des plaies) fragilise les muqueuses et augmente le risque de contracter ou de transmettre le VIH.
  • Cancers : Certaines souches de HPV sont responsables de la quasi-totalité des cancers du col de l'utérus, ainsi que d'autres cancers (anus, gorge, pénis). L'hépatite B chronique peut évoluer vers un cancer du foie.

Quand consulter un médecin ?

Il est essentiel de consulter un professionnel de santé sans tarder dans les situations suivantes :

  • Dès l'apparition d'un ou plusieurs des symptômes décrits plus haut.
  • Si votre partenaire est diagnostiqué(e) avec une IST.
  • Après un rapport sexuel non protégé avec un nouveau partenaire.
  • Pour un dépistage de routine, même en l'absence de symptômes, surtout si vous avez plusieurs partenaires.

Cet article ne remplace pas un avis médical. Si vous avez le moindre doute ou une question, n'hésitez pas à prendre rendez-vous avec un professionnel de santé. Les équipes médicales de Biloba sont à votre disposition pour vous conseiller en téléconsultation, en toute confidentialité.

En cas de symptômes graves et inhabituels comme une forte fièvre, des douleurs abdominales intenses ou un malaise généralisé, contactez immédiatement les services d'urgence en composant le 15 ou le 112.

La prévention : la meilleure des protections

La prévention est la stratégie la plus efficace contre les IST. Elle repose sur plusieurs piliers :

  1. Le préservatif : C'est le seul moyen de contraception qui protège efficacement de la plupart des IST, y compris du VIH. Il doit être utilisé systématiquement lors de chaque rapport sexuel (vaginal, anal, oral) avec un partenaire dont on ne connaît pas le statut sérologique.
  2. Le dépistage : Se faire dépister régulièrement est un acte de protection pour soi et pour les autres. Parlez-en à votre médecin pour définir la fréquence et les tests adaptés à votre situation.
  3. La vaccination : Des vaccins efficaces existent pour prévenir certaines IST virales. La vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) est recommandée pour les filles et les garçons dès l'âge de 11 ans. La vaccination contre l'hépatite B est également essentielle et fait partie du calendrier vaccinal obligatoire du nourrisson.
  4. La communication : Parler ouvertement des IST et du dépistage avec son ou ses partenaires est un élément clé de la prévention.

Recommandations officielles

L'équipe médicale de Biloba fonde sa pratique sur les données scientifiques les plus récentes et les recommandations des autorités de santé françaises. Pour le dépistage et la prise en charge des IST, nous suivons notamment les directives de la Haute Autorité de Santé (HAS). Vous pouvez consulter ces recommandations pour des informations plus techniques sur le site de la Haute Autorité de Santé.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur les IST

Puis-je attraper une IST par un baiser ou en utilisant les mêmes toilettes ?

En règle générale, non. La plupart des IST ne survivent pas longtemps en dehors du corps humain et ne se transmettent pas par les sièges de toilettes, les poignées de porte ou la vaisselle. Le baiser profond peut exceptionnellement transmettre l'herpès oral (bouton de fièvre) ou, très rarement, la syphilis si des lésions sont présentes dans la bouche, mais le risque pour les autres IST est quasi nul.

Si je n'ai aucun symptôme, suis-je forcément non infecté(e) ?

Absolument pas. C'est l'un des aspects les plus importants à retenir. Des infections comme la chlamydiose, le HPV, l'herpès ou même le VIH peuvent rester silencieuses pendant des mois, voire des années. Une personne asymptomatique peut donc être porteuse d'une IST et la transmettre sans le savoir. Le seul moyen de connaître son statut est de faire un test de dépistage.

Le préservatif protège-t-il de toutes les IST ?

Le préservatif est extrêmement efficace pour prévenir la transmission des IST qui se propagent par les liquides biologiques (sperme, sécrétions vaginales), comme le VIH, la gonorrhée ou la chlamydiose. Cependant, son efficacité est moindre pour les IST qui se transmettent par simple contact peau à peau avec des zones infectées non couvertes par le préservatif, comme l'herpès, la syphilis (chancre) ou le HPV (condylomes). Il reste néanmoins le meilleur outil de prévention disponible.

À quelle fréquence devrais-je me faire dépister ?

La fréquence idéale dépend de votre situation personnelle. Les recommandations générales sont : au début d'une nouvelle relation stable (pour les deux partenaires), au moins une fois par an si vous avez plusieurs partenaires, après un rapport à risque (non protégé), ou si vous avez le moindre symptôme. Discutez-en avec votre médecin pour établir un calendrier de dépistage personnalisé.

Mon/ma partenaire a une IST, que dois-je faire ?

Il est essentiel de consulter un médecin pour vous faire dépister, même si vous n'avez aucun symptôme. Le médecin vous prescrira probablement un traitement immédiatement, sans même attendre les résultats des tests, pour éviter une réinfection de votre partenaire et des complications pour vous. Il est crucial de suivre le traitement prescrit et de vous abstenir de rapports sexuels jusqu'à la guérison complète des deux partenaires.

Dr. Dominique HOLCMAN
Médecin généraliste
Médecin généraliste depuis plus de 30 ans, le Dr. Holcman est partenaire et rédacteur chez Biloba. Engagé dans des actions humanitaires, il met son expertise au service de tous, avec une attention particulière portée à l'écoute, à la prévention et à l'accès aux soins.
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