infarctus

Publié le 
May 26, 2026
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  1. L'infarctus est la mort d'une partie d'un organe due à l'obstruction d'une artère qui l'alimente. L'infarctus du myocarde, ou crise cardiaque, concerne le cœur.
  2. Le symptôme principal est une douleur thoracique intense et prolongée, qui peut irradier dans le bras gauche et la mâchoire, accompagnée d'essoufflement et de sueurs.
  3. En cas de suspicion d'infarctus, il faut appeler immédiatement le 15 ou le 112. C'est une urgence vitale où chaque minute compte.
  4. L'infarctus est exceptionnel chez l'enfant et est alors lié à des causes spécifiques (malformations, maladie de Kawasaki) et non au mode de vie comme chez l'adulte.
  5. Après un infarctus, un traitement médicamenteux à vie et l'adoption d'une bonne hygiène de vie (arrêt du tabac, alimentation, activité physique) sont essentiels pour éviter une récidive.

Infarctus : qu'est-ce que c'est exactement ?

Le terme « infarctus » impressionne et est le plus souvent associé à la fameuse « crise cardiaque ». Si cette association est correcte, le mot infarctus désigne en réalité un mécanisme plus général : la mort (nécrose) d’une partie d’un organe, provoquée par un arrêt brutal de la circulation sanguine qui le nourrit. Sans l’apport en oxygène et en nutriments du sang, les cellules ne peuvent survivre et se détruisent.

En cas de suspicion d'infarctus, il s'agit d'une urgence vitale absolue. Appelez immédiatement le 15 ou le 112. Chaque minute compte.

Le mécanisme : une artère qui se bouche

Imaginez un tuyau d’arrosage qui alimente une plante. Si ce tuyau se bouche complètement, la plante ne reçoit plus d’eau et finit par mourir. C’est exactement ce qui se passe lors d’un infarctus. Une artère, qui est un vaisseau transportant le sang riche en oxygène depuis le cœur vers les organes, est soudainement obstruée. La zone de l’organe située en aval de ce bouchon est privée de sang : c'est ce qu'on appelle l'ischémie. Si l'ischémie se prolonge, les cellules de cette zone meurent : c'est l'infarctus.

Ce phénomène peut toucher différents organes :

  • Le cœur : c'est l'infarctus du myocarde (le myocarde étant le muscle du cœur), plus connu sous le nom de crise cardiaque.
  • Le cerveau : on parle alors d'accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique ou d'infarctus cérébral.
  • L'intestin (infarctus mésentérique), le rein (infarctus rénal) ou même la rate (infarctus splénique).

Dans cet article, nous nous concentrerons principalement sur l’infarctus du myocarde, qui est le plus fréquent et le plus connu du grand public.

Causes et facteurs de risque de l'infarctus du myocarde

L'infarctus du myocarde survient lorsqu'une des artères qui irriguent le cœur, les artères coronaires, se bouche. Dans l'immense majorité des cas chez l'adulte, cette obstruction est due à la formation d'un caillot de sang (thrombus) au niveau d'une plaque d'athérome.

L'athérosclérose : le principal coupable chez l'adulte

L'athérosclérose est un processus lent et silencieux qui voit des dépôts de graisses, de cholestérol et d'autres substances s'accumuler sur la paroi interne des artères, formant des plaques appelées « plaques d'athérome ». Avec le temps, ces plaques peuvent durcir, réduire le diamètre des artères et les fragiliser. Si une de ces plaques se fissure ou se rompt, l'organisme réagit comme pour une blessure et forme un caillot sanguin pour la colmater. C'est ce caillot qui peut grossir au point de boucher complètement l'artère et provoquer un infarctus.

Plusieurs facteurs de risque, souvent liés au mode de vie, favorisent l'athérosclérose :

  • Le tabagisme : il abîme la paroi des artères et favorise la formation de caillots.
  • L'hypertension artérielle (HTA) : une pression trop élevée dans les artères les fragilise.
  • L'excès de cholestérol : en particulier le « mauvais » cholestérol (LDL-cholestérol) qui se dépose dans les artères.
  • Le diabète : l'excès de sucre dans le sang endommage les vaisseaux sur le long terme.
  • Le surpoids et l'obésité : souvent associés à l'hypertension, au diabète et au cholestérol.
  • La sédentarité : le manque d'activité physique régulière est un facteur de risque majeur.
  • Le stress chronique.
  • Les antécédents familiaux : avoir un parent proche (père avant 55 ans, mère avant 65 ans) qui a eu un accident cardiovasculaire.

Et chez l'enfant ? Un événement exceptionnel aux causes spécifiques

Il est important de le souligner pour rassurer les parents : l'infarctus du myocarde est extrêmement rare chez l'enfant et l'adolescent. Leurs artères sont saines et l'athérosclérose n'a pas eu le temps de s'installer. Quand il survient, les causes sont très différentes de celles de l'adulte :

  • Anomalies congénitales des artères coronaires : il s'agit de malformations présentes dès la naissance.
  • La maladie de Kawasaki : une maladie inflammatoire qui touche les vaisseaux sanguins et peut provoquer des anévrismes (dilatations) des artères coronaires, augmentant le risque de formation de caillots.
  • Certaines maladies génétiques rares comme l'hypercholestérolémie familiale, qui entraîne des taux de cholestérol très élevés dès l'enfance.
  • Un traumatisme thoracique grave.
  • Certaines infections ou maladies inflammatoires systémiques.

Quels sont les symptômes qui doivent alerter ?

Reconnaître les signes d'un infarctus est crucial pour agir vite. Le message clé est : « le temps, c'est du muscle cardiaque ». Plus la prise en charge est rapide, moins les séquelles seront importantes.

Les signes d'alerte classiques

Le symptôme le plus connu est une douleur thoracique intense, décrite comme :

  • Soudaine et violente.
  • Serrant la poitrine, comme dans un étau ou écrasée par un poids lourd.
  • Située au milieu du sternum.
  • Qui ne disparaît pas au repos et dure plus de 15-20 minutes.
  • Qui peut irradier vers le bras gauche, le dos, les épaules, le cou et la mâchoire.

Cette douleur peut s'accompagner d'autres signes :

  • Un essoufflement (dyspnée), une sensation de souffle coupé.
  • Des sueurs froides, une pâleur.
  • Des nausées, des vomissements.
  • Un sentiment d'angoisse ou de mort imminente.
  • Un malaise, une perte de connaissance.

Des symptômes parfois trompeurs

Chez les femmes, les personnes âgées ou les diabétiques, les symptômes peuvent être moins typiques et plus discrets, ce qui peut retarder le diagnostic. Il peut s'agir de :

  • Une sensation de malaise général, une fatigue intense et inexpliquée.
  • Un essoufflement à l'effort ou au repos.
  • Des douleurs localisées uniquement dans le dos, les épaules ou la mâchoire.
  • Des troubles digestifs (douleurs à l'estomac, nausées).

Les symptômes possibles chez l'enfant

Chez un nourrisson ou un jeune enfant (dans le contexte très rare d'un infarctus), les signes sont souvent non spécifiques et peuvent mimer d'autres maladies :

  • Difficultés à s'alimenter, vomissements.
  • Irritabilité, pleurs inconsolables.
  • Respiration très rapide, difficultés à respirer.
  • Pâleur ou coloration bleutée de la peau (cyanose).
  • Transpiration excessive.

Chez un enfant plus grand, une douleur thoracique peut être présente, mais il faut savoir que la grande majorité des douleurs thoraciques de l'enfant ne sont pas d'origine cardiaque.

Diagnostic et prise en charge en urgence

Dès l'appel au 15 ou au 112, la prise en charge est immédiate. Le SAMU peut réaliser les premiers examens et commencer le traitement sur place ou dans l'ambulance.

Les examens pour confirmer le diagnostic

Une fois à l'hôpital, plusieurs examens sont réalisés en urgence :

  • L'électrocardiogramme (ECG) : C'est l'examen clé, réalisé en quelques minutes. Il enregistre l'activité électrique du cœur à l'aide d'électrodes posées sur la peau. Il peut montrer des signes caractéristiques de souffrance du muscle cardiaque.
  • La prise de sang : On mesure le taux de certaines enzymes cardiaques, notamment la troponine. Lorsque les cellules du cœur sont endommagées, elles libèrent cette protéine dans le sang. Une élévation de son taux confirme la nécrose du muscle.
  • La coronarographie : C'est l'examen de référence. Un cardiologue interventionnel introduit un fin cathéter dans une artère (généralement au niveau du poignet ou de l'aine) et le remonte jusqu'aux artères coronaires. Un produit de contraste est injecté pour visualiser les artères aux rayons X, localiser précisément le bouchon et évaluer l'étendue des dégâts.

Les traitements pour déboucher l'artère

L'objectif est de restaurer la circulation sanguine le plus vite possible. Deux techniques principales existent :

  • L'angioplastie coronaire : C'est la technique la plus utilisée, souvent réalisée dans la foulée de la coronarographie. Un petit ballonnet est gonflé au niveau du rétrécissement pour écraser le caillot et la plaque d'athérome. Dans la quasi-totalité des cas, un petit ressort métallique appelé stent est ensuite déployé pour maintenir l'artère bien ouverte.
  • La thrombolyse : Elle consiste à injecter par voie intraveineuse un médicament puissant qui va dissoudre le caillot. Elle est surtout utilisée lorsque l'accès à un service de cardiologie interventionnelle n'est pas possible dans les délais requis.

Vivre après un infarctus : prévention et réadaptation

La prise en charge ne s'arrête pas à la sortie de l'hôpital. Une nouvelle phase commence, axée sur la prévention d'un nouvel accident et l'amélioration de la qualité de vie.

Le traitement médicamenteux et le suivi

Un traitement à vie est généralement prescrit pour contrôler les facteurs de risque et protéger le cœur. Il peut inclure :

  • Des antiagrégants plaquettaires (pour fluidifier le sang et empêcher la formation de nouveaux caillots, notamment sur le stent).
  • Des statines (pour diminuer le taux de cholestérol).
  • Des bêtabloquants (pour ralentir le cœur et diminuer sa consommation d'oxygène).
  • Des inhibiteurs de l'enzyme de conversion (pour protéger le cœur et contrôler la tension artérielle).

L'importance de l'hygiène de vie

Le changement de mode de vie est un pilier du traitement. Comme le soulignent les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS), une prise en charge globale est indispensable. Elle repose sur :

  • L'arrêt total et définitif du tabac.
  • Une alimentation équilibrée : type méditerranéen, riche en fruits, légumes, poissons et pauvre en graisses saturées.
  • La reprise d'une activité physique régulière et adaptée : la réadaptation cardiaque, proposée après un infarctus, est un programme encadré par des professionnels pour ré-entraîner son cœur à l'effort en toute sécurité.
  • La gestion du stress.
  • Le bon équilibre du diabète et de la tension artérielle.

Un suivi cardiologique régulier est essentiel pour ajuster les traitements et s'assurer que tout va bien.

Cet article ne se substitue en aucun cas à un avis médical. En cas de doute ou de questionnement sur votre santé ou celle de votre enfant, l'équipe médicale de Biloba est à votre disposition pour une téléconsultation. Cependant, face à des symptômes pouvant évoquer un infarctus, il est impératif de contacter immédiatement les services d'urgence en composant le 15 ou le 112.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Un enfant peut-il vraiment faire un infarctus ?

Oui, mais c'est un événement rarissime. Contrairement à l'adulte où l'infarctus est lié à l'athérosclérose (encrassement des artères), chez l'enfant, il est presque toujours la conséquence d'une autre pathologie : une malformation cardiaque congénitale (notamment des artères coronaires), une maladie inflammatoire des vaisseaux comme la maladie de Kawasaki, ou une maladie génétique très rare affectant le métabolisme du cholestérol.

Quelle est la différence entre un infarctus et un arrêt cardiaque ?

C'est une confusion fréquente mais ce sont deux choses très différentes. L'infarctus est un problème de « tuyauterie » : une artère est bouchée, le sang ne passe plus. L'arrêt cardiaque est un problème « électrique » : le cœur cesse de battre efficacement à cause d'un trouble du rythme majeur. Cependant, un infarctus étendu peut provoquer un trouble du rythme grave et entraîner un arrêt cardiaque. C'est l'une de ses complications les plus redoutées.

Une douleur dans la poitrine est-elle toujours un signe d'infarctus ?

Non, heureusement. La grande majorité des douleurs thoraciques, surtout chez les personnes jeunes et les enfants, ne sont pas d'origine cardiaque. Elles peuvent être dues à des causes musculaires, osseuses, digestives (reflux), pulmonaires ou simplement à l'anxiété. Toutefois, une douleur thoracique qui correspond à la description typique de l'infarctus (intense, en étau, prolongée, irradiante) chez un adulte avec des facteurs de risque doit toujours être prise très au sérieux et motiver un appel au 15.

Peut-on se remettre complètement d'un infarctus ?

Oui, la récupération dépend de deux facteurs principaux : la rapidité de la prise en charge et l'étendue de la zone du cœur touchée. Si l'artère est débouchée très vite, les dommages au muscle cardiaque peuvent être minimes et la récupération excellente. Si la prise en charge est tardive, une partie du muscle cardiaque est détruite et remplacée par une cicatrice, ce qui peut affaiblir la capacité de pompage du cœur (insuffisance cardiaque). Dans tous les cas, un suivi et un changement de mode de vie sont indispensables.

Comment puis-je réduire le risque d'infarctus pour moi et ma famille ?

La prévention repose sur la maîtrise des facteurs de risque modifiables. Pour les adultes, cela signifie : ne pas fumer, avoir une alimentation saine et équilibrée, pratiquer une activité physique régulière (au moins 30 minutes, 5 fois par semaine), maintenir un poids de forme, surveiller sa tension artérielle et son cholestérol, et bien gérer un éventuel diabète. Pour les enfants, leur donner de bonnes habitudes de vie dès le plus jeune âge est le meilleur moyen de les protéger pour leur vie d'adulte.

Dr. Dominique HOLCMAN
Médecin généraliste
Médecin généraliste depuis plus de 30 ans, le Dr. Holcman est partenaire et rédacteur chez Biloba. Engagé dans des actions humanitaires, il met son expertise au service de tous, avec une attention particulière portée à l'écoute, à la prévention et à l'accès aux soins.
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